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Porterie & Entrées : Etude Détaillée

3 053 views Nicolas Prudhomme 11 février 2016 0
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Cartographie des Porteries


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Les portes

Porteuse d’une importante symbolique, l’entrée reste le filtre ultime permettant de discriminer ceux qui la franchissent. La porte s’affirme ainsi souvent comme la tour maîtresse du château qu’elle peut remplacer en l’absence de celle-ci ou compléter dans son rôle symbolique. Mais la porte peut aussi assurer la fonction secondaire de logis. Dans les portes urbaines se retrouvent le concept de l’expression du pouvoir féodal. La porte peut ainsi accueillir des fonctions de justice ou d’administration, à l’image de la tour maîtresse du château.


Les portes d’accès à l’enceinte

Trois types de portes sont observables : les portes flanquées, les tours-portes et les portes simples non flanquées. Statistiquement, les tours portes sont les dispositifs les plus fréquemment rencontrés, suivis de peu par les portes flanquées. Selon J. Mesqui (T1. p. 378), les portes simples ne représentent, en revanche, que 10% des occurrences.


La porte salle

Avec la sophistication et l’allongement des couloirs, la porte tend à devenir un élément indépendant, doté peu à peu de fonctions résidentielles, identifiables par la présence de cheminées et de latrines, généralement cantonnée à l’accueil de la garnison. La fonction résidentielle reste rare jusqu’au XIVe siècle, période à laquelle apparaît le concept de porte-salle, véritable espace résidentiel sur la porte. Ce concept est assez proche de celui des maisons fortes, dont la tour maîtresse était percée de la porte dans son étage inférieur. La porte prend alors toute sa dimension symbolique, montrant le contrôle du châtelain sur l’entrée même de son château.


La porte chapelle

Conséquence de la symbolisation croissante de la porte, des chapelles ont été alors peu à peu placées soit dans une des tours flanquant la porte, voire dans un des étages supérieurs, créant un « passage sous chapelle ». La chapelle assure ainsi, par son abside, un flanquement efficace et une protection tutélaire. Sa présence est d’autant plus évidente que la tour a pu être transformée en logis, ou même en palais. La chapelle peut aussi prendre la forme d’un oriel en encorbellement recevant un oratoire ; ce dispositif apparait semble-t-il au XIIe siècle, périclite, puis réapparaît au XVe siècle dans le cadre de logis placé au-dessus de l’entrée.

Trois types de portes sont observables : les portes flanquées, les tours-portes et les portes simples non flanquées. Statistiquement, les tours portes sont les dispositifs les plus fréquemment rencontrés, suivis de peu par les portes flanquées. Selon J. Mesqui (T1. p. 378), les portes simples ne représentent, en revanche, que 10% des occurrences.


 

Les poternes

La porte principale n’est généralement nullement le seul accès au château. Des accès complémentaires étaient nécessaires, en raison notamment de leur périmètre. La poterne d’enceinte est une entrée à caractère secondaire, en raison de ses dimensions limitée à un accès piétonnier ou de son implantation, donnant sur les fossés ou sur un escarpement. La poterne est très souvent défendues par des herses et des assommoirs, ou simplement dotées de vantaux. Elle n’est en aucun cas unique sur l’enceinte.

Dans la majorité des cas, les poternes sont des portes simples, dépourvues de défenses propres autres que celles de leurs vantaux.

Les portes donnant dans les fossés étaient nécessaires à l’accès pour l’entretien et la surveillance. Elles pouvaient éventuellement servir de point de sortie de la garnison, en temps de guerre.


Les portes de tours maîtresses

La protection essentielle des portes des tours maîtresses consistait en un dénivellement, l’accès se faisant par le deuxième ou troisième niveau, à l’aide d’un pont-levis ou d’un pont mobile. De tels dispositifs existent dès le deuxième tiers du XIIe siècle. Au XIVe siècle, les tours maîtresses sont équipées de pont-levis à flèche. Rares sont les exemples de défense plus évoluées, parfois pourvue d’une herse et d’un assommoir. Dans des cas plus rares, l’accès se faisait au rez-de-chaussée, avec des défenses de herse et d’assommoir. Les accès peuvent d’ailleurs être multiples.

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Porte simple non flanquée, tapisserie de Bayeux


Les entrées non flanquées

Les portes simples

Ce sont les entrées constituées de portes simples, au nu de la courtine, ne dépassant pas la largeur de la courtine, qu’elles traversent, les éventuels dispositifs flanquants se situant à une distance les rendant incapable de les battre. Il s’agit du dispositif le plus simple. Ces portes sont observables dans les ouvrages de petites tailles, dans les fortifications de relief, pour desservir des entrées secondaires, et dans les manoirs et maisons fortes rurales, signe d’un manque de moyens financiers ou de l’absence du droit de fortifier ; elles pourraient également avoir été assez fréquemment associées aux enceinte sur mottes, au Xe et XIe siècle.


Les tours portes

Les tours portes non flanquantes

Les tours portes non flanquantes reportent l’ensemble de la défense active sur les ouvrages avancés. Elles ont comme atout de prolonger la longueur du passage, et donc de ses défenses internes, et d’y ajouter des défenses sommitales. Elles sont donc souvent associés à des constructions tardives du XVe siècle, pour lesquelles l’existence d’ouvrages avancés étaient nécessaires et vitales et le dégagement des éléments exposés, placés alors sous le feu des flanquements, devenu incontournable. Plus rarement, il existe quelques ouvrages de ce type, datés du XIVe siècle.

Les tours portes flanquantes

La tour porte possède plusieurs atouts : au-delà de l’allongement du passage et de ses défenses internes, de l’ajout de défenses sommitales, elle permet d’améliorer le flanquement général de l’enceinte. Elle présente néanmoins le désavantage d’exposer un peu plus la porte. En raison de son moindre coût, notamment par rapport au châtelet ou au flanquement par des tours, elle a été la plus usitée, et permettait, dans bien des cas, de suppléer à la symbolique ostentatoire d’une tour maîtresse absente. Le dispositif est attesté dès le XIe siècle. Elle est le mode de défense le plus usité au XIIe siècle. On la retrouve aussi particulièrement bien représentée dans les enceintes urbaines, particulièrement à partir de la seconde moitié du XIVe siècle, répondant parfaitement aux attentes défensives, économiques et ostentatoires.

 


 

Les entrées flanquées par deux tours

Les portes encadrées par deux tours de flanquement apparaissent couramment dans la fortification antique. Bien logiquement, elles restent longuement en usage dans les enceintes urbaines héritées du Bas-Empire. Les deux tours permettent un allongement du passage, l’implantation de défenses d’arrêt et de salle de gardes et l’amélioration du flanquement général de l’enceinte.

Les premières portes flanquées médiévales réapparaissent dans la seconde moitié du XIIe siècle, dans le domaine Plantagenêt, à Douvres et à Gisors. Les flanquements sont alors de plan quadrangulaire. Les exemples de ce type de flanquement restent relativement rares. A compter de la fin du XIIe siècle, les flanquements sont assurés par deux tours circulaires ou en U, sous l’influence de la fortification philippienne. Ce concept s’imposera pendant près de trois siècles, sur l’ensemble du territoire français. Une version dérivée est formée de deux tourelles, éventuellement pleines, ou de tourelles sur contreforts ; dictée par l’économie, cette solution se développe sensiblement à compter du XIVe siècle.

>Liste des portes à flanquements circulaires

Dans certains cas, les deux tours sont de plan polygonal ; la motivation semble être esthétique, économique ou due à un effet de mode. Elles peuvent aussi suivre un plan en amande, destiné à opposer un bec à l’attaque ; le degré de sophistication et de maîtrise technique nécessaire étant bien supérieur aux résultats, ce type de fortification n’a pas connu de grands développements ; dans la même veine apparaissent quelques tours à bec, stade ultime de la sophistication. Une version plus simple mais inspirée de cette dernière est le flanquement de plan pentagonal à éperon. Ce plan est utilisé à partir du début du XIIIe siècle, et se maintient jusqu’au XVe siècle, apparaissant comme une solution possible de défense face au développement des armes à poudre.

>Voir la liste des portes à flanquements polygonaux

Parmi les formes dégradées, existent des portes à flanquement dissymétriques, par leur forme. Existe également des portes flanquées d’une seule tour.

>Voir la liste portes à des flanquements à une seule tour

>Voir la liste des portes à flanquements dissymétriques


 

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