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Éléments de la Stabilité

1 511 views Nicolas Prudhomme 2 décembre 2016 0
CONU

Le talus

Lorsque la courtine s’appuyait directement sur la roche sans devoir être ancrée profondément dans le terrassement, le rocher apparent était sensé être assez résistant pour tenir tête aux attaques ; cependant, pour éviter qu’il ne serve d’appui à l’escalade, il a été, dans de nombreux cas, taillé en glacis.

Concernant les principes de fondation, le système Philippien apporte une évolution, rendue nécessaire par la typologie de ces châteaux, construits en plaine. Les maîtres d’œuvre royaux ont élaboré un dispositif efficace, normatif, reproductible, et aisément déployable par rapport à leurs nouvelles contraintes. La courtine s’appuiera dorénavant directement sur le fond du fossé, avec une inclinaison par rapport à la verticale, formant une escarpe prolongeant le talus des tours. Ce dispositif apporte ainsi une fonction à la fois constructive, car il permet de stabiliser la courtine dans sa construction, mais aussi défensive, car le talus empêche l’escalade et protège de la sape et de la mine, et permet, accessoirement, selon certains auteurs, le rebond des projectiles.

Sous cette impulsion, à partir du XIIIe siècle, le talus de base devient une constante de la fortification.


Les contreforts de courtine

Les contreforts externes

La stabilité des courtines peut être assurée par des contreforts externes, appuyant les changements de direction du segment maçonné ; ils permettent également de contenir le déversement de segment de courtine particulièrement long, notamment dans le cas d’enceintes urbaines. Les contreforts externes permettent également de raidir les courtines, comme dans le cas de tours maîtresses romanes. Ils sont fréquents dans les tracés de chemise ovalaire, destiné à empêcher tout déversement.

Le contrefort externe peut aussi avoir une fonction défensive, en portant une échauguette ou des mâchicoulis sur arcs, et également contenir une dimension ostentatoire.

Les contreforts internes

Les courtines peuvent être raidies par des contreforts placés à l’intérieur, permettant d’éviter de construire des murailles trop épaisses ou pour établir un chemin de ronde plus large sur le sommet de la courtine. Ils sont à la fois une solution technique et économique à l’épaississement des murailles.


Épaisseur et hauteur de la courtine

L’épaisseur de la courtine dépendait de l’exposition aux tirs, de la topographie, de la hauteur de l’édifice. L’épaisseur moyenne couramment observée est aux alentours de 2 mètres, selon Jean Mesqui, celle-ci n’étant que rarement constante sur un site et sur l’ouvrage lui-même. Il arrive aussi que pour renforcer la stabilité et le raidissement de la courtine, on y inclut des armatures en poutre de bois, noyées dans le mortier. Dans les sites ayant recours au remploi, on peut également y trouver des colonnes en pierres antiques, assurant cette fonction (exemple du château franc de Paphos à Chypre, du XIIIe siècle).

Jusqu’au XIVe siècle, les tours se doivent toujours d’être plus hautes que la courtine, par principe de commandement. Dans le dernier quart du XIVe siècle et au XVe siècle, les chemins de ronde continus se développent, comme à Tarascon, à la Bastille à Paris ou à la Ferté Milon.

 

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