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FR-Haut-Dauphiné – Analyse du Bâti

1 811 views Nicolas Prudhomme 24 janvier 2016 0

Bibliographie

Sources & Références de la base de données :

[1] Répertoire archéologique du département des Hautes Alpes, J. Roman, 1888.
[2] Histoire, topographie, antiquités, usages, dialectes des Hautes Alpes, J. C. F. Ladoucette (baron de), 1848.
[3] Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Archives départementales des Hautes-Alpes, P. Guillaume, 1887.
[4] Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d’Embrun, A. Albert, 1783.
[5] Bulletin de la Société d’études des Hautes-Alpes, 1882
[6] Châteaux médiévaux des Hautes-alpes, les cahiers du patrimoine Haut-Alpin, M. P. Estienne et N. Nicolas, 1999.
[7] Le livre-journal tenu par Fazy de Rame en langage embrunais, Société d’Études des Hautes-Alpes, G. de Manteyer, 1932.
[8] Monographie de la commune du Poet (Hautes Alpes) par le Docteur Verrier, 1907.
[9] Les fouilles de Faudon, BSEHA, G. Manteyer, 1908.
[10] Notice sur Faudon et les deux Ancelle, J. Reynier, 1923.
[11] Le château de Picomtal, P. Roman d’Amat, 1987.
[12] Itinéraire général de la France : de Paris à la Méditerranée, A. L. Joanne, 1865.
[13] Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle, thèse, N. Payraud, 2009
[14] Tableau historique du département des Hautes-Alpes, J. Roman, 1887
[15] Dictionnaire des châteaux-forts et des fortifications du moyen âge en France,
C.L. Salch, Editions Publitotal Strasbourg, réédition de 1987.
[16] Bulletin de la Société d’études des Hautes-Alpes, 1927
[17] Histoire de la ville de Gap, Société d’études des Hautes-Alpes
[18] Statistique archéologique du département du Nord, par la commission historique du département du Nord, 1867
[19] Image aérienne issue de Geoportail – http://www.geoportail (DR).
[20] Carte de Cassini issue de la BNF, libres de droits aux termes des dispositions combinées des articles L 112-2 11° et L 123-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
[21] Cadastre napoléonien, numérisé par les archives départementales des Hautes Alpes http://www.archives05.fr/
[22] La guerre et les fortifications du Haut Dauphiné, N. Nicolas, 2005
[23] Bulletin de la Société d’études des Hautes-Alpes, Société d’études des Hautes-Alpes, 1895

[à voir]
>L’architecture militaire en Dauphiné à la fin du Moyen-Âge, Viviane Rey, 1971
>Les réseaux castraux et l’évolution de l’architecture castrale dans les Baronnies de Mévouillon et de Montauban de la fin du Xe siècle à 1317, Marie Pierre Estienne, 1999

Glossaire Spécifique

Le glossaire est enrichi au fil des lectures. Il est dressé à partir des expressions effectivement employées dans les textes descriptifs médiévaux.

contenu

Glossaire spécifique


Achia : (Dauphiné) hache, arme de cavalier au XIVe siècle

Actare, aptare : (Dauphiné) réparer

A(c)tiem : (Dauphiné) faîte d’un mur ou d’un toit ?

Ac(c)ua, ancora, ac(h)oa : (Dauphiné) massif de maçonnerie, contrefort, arcade

Accoustrer, acuchar : (Dauphiné) réparer, remettre en état, entasser, accumuler

Aguilhe : (Dauphiné) clou, poinçon

Albarasteria, arbarestia : (Dauphiné) arbalétrier, pièce de charpente

Albaristeria : (Dauphiné) arbalétrière

Alberjon : (Dauphiné) haubergeon, haubert

Albrerius : (Dauphiné) arbrier d’une arbalète

Ambulatorium : (Dauphiné) chemin de ronde

Ampara : (Dauphiné) : construction fortifiée de bois, ressemblant à une bretèche

Amparare, imparare : (Dauphiné) planchéier, revêtir les chafauds avec des claies

Antemurale : (Dauphiné) rempart extérieur, bastion

Antepectus : (Dauphiné) parapet généralement dressé devant un merlon

Anulus : (Dauphiné) anneau

Ap(p)ens : (Dauphiné) appentis, rampant d’un toit

Arbalista : (Dauphiné) arbalète

Archus : (Dauphiné) : arcade maçonnée

Arcubus : (Dauphiné) archer

Arcubius : (Dauphiné) guetteur

Arcus : (Dauphiné) arc

Arena : (Dauphiné) sable, gravats

Armata : (Dauphiné) armure

Armatria : (Dauphiné) armes

Ar(r)esta, areyta : (Dauphiné) arêtier, piédroit d’une porte, élément de couverture couvrant un angle saillant ou l’angle extérieur d’un mur

Asetum : (Dauphiné) composant du mortier, mastic

At(t)tracus, atrach : (Dauphiné) : fournitures, ensemble de matériaux employés dans une construction (sable, mortier, bois, pierre, chaux)

Auber : (Dauphiné) aubert

Avant Piez (« avant pied »), avant pyez, avanpies (Dauphiné) : hourd, mâchicoulis

Aysalerium : (Dauphiné) escalier

Chaffalus, chafalius (« chaffal ») : tour en bois


Aire géographique : Hautes Alpes (05) – Haut Dauphiné (FR)

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Aire géographique : Hautes Alpes (05) – Haut Dauphiné (FR)

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Embrun vers 1570, d’après la cosmographie universelle de F. Belleforest (Archives départementales)

 

 

La tour Brune à Embrun, vers 1900 (DR MinC)

contenu


Particularité de l’architecture défensive de montagne

L’architecture militaire montagnarde est caractérisée par un véritable conservatisme, que l’on peut même qualifier d’archaïsme. A caractère rudimentaire, elle fait appel à une économie de moyen et à une maximisation de l’efficience au regard des contraintes topographiques. Elle est aussi adaptée aux armes de guerre mis en présence, l’artillerie étant dans bien des cas inemployables en raison du relief.


La maison forte

Le droit de construire et de fortifier les maisons fortes est reconnu dès le XIIIe siècle pour certains communautés, puis à l’ensemble des sujets nobles delphinois à partir de 1349, date à laquelle Humbert II leur reconnaît ce droit, ainsi que celui de faire la guerre. Une condition néanmoins impose que ces maisons fortes, aménagées pour soutenir des sièges, ne se situent pas aux frontières du Dauphiné, cibles trop faciles pour les comtés de Provence ou de Savoie. Elles appartiennent principalement à une aristocratie rurale, souvent dans les mains d’un co-seigneurs. Si les quelques vestiges qui sont parvenus jusqu’à nous les présentent comme de simples logis flanqués d’une tour carrée, nous n’en savons peu sur la structure exacte, l’éventuelle enceinte et les fossés qui devaient les protéger.

>Voir la liste des maisons fortes

>Voir la liste des manoirs


Les mottes castrales

L’usage des mottes castrales et des tours de bois, rapidement abandonné au profit de constructions plus complexes et durables dans le reste de la France, perdure dans la vallée de la Durance jusqu’au début du XIIIe siècle. Ce type de site est difficile à repérer, et n’a pas toujours été substitué par des fortifications maçonnées ; et dans ce dernier cas, il n’est pas simple de savoir si le monticule de terre est un élément antérieur aux fortifications de pierre ou programmé comme simple terrassement pour de nouvelles structures.

>Voir la liste des sites construits sur motte

>Voir la liste des mottes


Les tours

Les tours les plus couramment rencontrées sont de plan carré ou rectangulaire. Dans des cas très rares, elles peuvent avoir des angles arrondis dans la direction de l’attaque, pour permettre un flanquement à moindre coût, comme dans le cas de la tour de Raimond à Montmaur.

>Voir la liste des tours maîtresses de plan carré

Quelques tours circulaires sont connues, datées du XIIIe ou XIVe siècle, comme la tour de Chateauroux, citée en 1236 ; elles peuvent être associées à des enceintes circulaires non flanquées, comme dans le cas de Vars ou du Glaizil.

>Voir la liste des tours maîtresses de plan circulaire

D’autres ont des formes atypiques, semi-circulaire, ou à éperon (la Bâtie Neuve, la Bâtie Vieille).

Elles peuvent avoir un rôle de tour beffroi (la Saulce, Saint Clément) ou, associées à des logis et à une enceinte, une fonction résidentielle (tour de Pelleautier, Château-Queyras, Briançon, Queyrières).

>Voir la liste des tours maîtresses à fonction de tours-beffrois

>Voir la liste des tours maîtresses à fonction de tours-logis


Les ouvertures de tir

La forme des archères restent très frustres et se limite à des archères simples, à ébrasement triangulaire ; dans quelques rares cas, les archères sont à croix pattée, ou sont des arbalétrières, à sol droit.

>Voir la liste des sites à archères à croix pattée

>Voir la liste des sites à archères en rame

>Voir la liste des sites à arbalétrières

L’évolution des archères n’est pas uniforme sur le territoire haut-alpin et répond principalement à des exigences techniques ou topographiques des sites à fortifier (fortification de plaine, présence d’escarpement ou d’accès difficiles…). L’apparition de l’artillerie n’a eu que très peu d’effet sur la modification des ouvertures de tir qui n’évoluent pas à la transition du XIIIe-XIVe siècle ; seul au château de Tallard des canonnières ont été adaptées sur des archères en rame ; au château du Rousset, des archères-canonnières ont été aménagées. La prise en compte de l’artillerie n’intervient qu’au XVIe siècle, avec l’ajout d’éléments défensifs comme des fausses-braies ou des barbacanes (La Bâtie Neuve, Embrun…). La modernisation de Château Queyras est jugée impossible jusqu’au XVIIIe siècle. Cela peut s’expliquer par l’exigüité des places et leur localisation dans des espaces escarpées empêchant l’emploi du canon.

>Voir la liste des sites à archères canonnières et à canonnières

Hourds et mâchicoulis

Les mâchicoulis sont représentés principalement dans les enceintes urbaines construites à partir du XIVe siècle, dans les grands programmes.

Dans le cas des châteaux, hourds (Château Queyras) et mâchicoulis restent très rares ; leur observation est rendue très difficile par l’écrêtage quasi-systématique de tous les sommets de tours. Les mâchicoulis sont tous sur consoles, à faibles nombres de ressauts (trois en général) ; dans bien des cas, ils sont associés à des bretèches en hotte, protégeant une porte.

>Liste des programmes présentant des traces de hourds

>Liste des programmes comportant des mâchicoulis.

>Liste des programmes présentant une bretèche


Les matériaux

Les courtines sont principalement constituées de galets de rivière noyés dans du mortier, ou de pierres brutes ; la pierre de taille n’est utilisée que pour des constructions de prestige (Embrun) ou dans certains cas pour les encadrements d’ouverture (portes, fenêtres, ouvertures de tir) et chaînages d’angle.

>Voir la liste des constructions à chaînage d’angle

>Voir la liste des constructions en opus spicatum

>Voir le liste des constructions en appareil régulier

>Voir la liste des constructions présentant un appareil à bossage

Le talutage

Les courtines ne sont pas talutées en dehors de la Bâtie Neuve ; seule la base de tours, circulaires, est parfois talutée, comme dans le cas de Tourronde, de Vitrolles, de Vars, de Pelleautier ou Saix.

>Voir la liste des programmes présentant un talutage

Les enceintes vernaculaires non flanquées

Signalons le cas particulier d’une enceinte vernaculaire, non flanquée, autrefois crénelée, véritable enclos refuge, dite fort des Orres, datée du XVe siècle ou du début du XVIe siècle.

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Embrun vers 1570, d’après la cosmographie universelle de F. Belleforest (Archives départementales)

 

 

La tour Brune à Embrun, vers 1900 (DR MinC)

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Mise en place de la société féodale

La mise en place de la société féodale s’articule autour de trois grandes périodes. A la fin du haut moyen-âge, les premiers châteaux apparaissent ; le système féodal s’implante progressivement, dans un territoire déjà structuré et organisé autour d’implantations monastiques et religieuses, issues de l’Antiquité tardive. Apparaissent des mottes artificielles, intégrés à des systèmes défensifs basés sur le relief géographique. Suit une période d’apogée des grandes familles, issues de grands lignages nobles, qui impulse le développement et la densification d’un réseau de châteaux de montagne, perchés sur des éperons escarpés, attirant les populations sous leur protection. Enfin, conséquence de l’effort royal, le pouvoir se centralise toujours plus, provoquant l’émiettement paradoxal des fiefs secondaires des petits seigneurs ; de nombreuses maisons fortes s’érigent, attachées à une pluralité de petites seigneuries rurales, dans les vallées et dans les zones cultivables, attachées au développement d’un pouvoir économique.


Le partage du territoire

Diocèse d’Embrun

A partir de 1043, le diocèse d’Embrun comprenait l’Embrunais, le Briançonnais, le Queyras et la vallée de l’Ubaye. Dès 1057, le pape Victor II confirme à l’archevêque d’Embrun des villis et castellis. En 1050, le pape confirme ainsi la possession du castrum des Orres, d’une partie des terres de Champcella, de Freissinières, de Chateauroux, de Crots, de Chadenas, de Saint Crépin, de Rame, de Montmirail, de Vars, de Risoul, de Gramison, de Crévoux, ou de Saint Clément. Jusqu’au XVe siècle, le temporel des évêques n’évolue pas ; l’archevêque partage en général la juridiction avec d’autres seigneurs, dont le dauphin.

Dans les fiefs de l’archevêque d’Embrun, les initiatives de défense privée sont quasi nulles et s’appuient principalement sur les travaux entrepris par l’archevêque Pierre Ameilh, à partir de 1363 [22], sur ses neuf châteaux. Selon une enquête réalisée en 1508 sur l’état du temporel de l’archevêque Rostain d’Ancédune, dressée à la demande du Dauphin, seuls les châteaux de Guillestre et Embrun sont en état de défense et possèdent leurs toitures. Bien que l’enquête soit apparemment partiale et commanditée, elle révèle de bonnes informations sur l’état du patrimoine archiépiscopal.

Les châteaux de l’archevêque sont : Chorges, Châteauroux, Saint Clément, Saint Crépin, Risoul, le Sauze, Vars, Guillestre, Crévoux.

Diocèse de Gap

Au XIIe siècle, le diocèse de Gap comprenait plusieurs castra, concédés par l’empereur Frédéric Ier, dont la ville de Gap, Rambaud, ou Rabou ; en 1238, l’empereur Frédéric II confirme la possession de plusieurs autres castra du Gapençais et du Champsaur, dont la Bâtie Neuve, la Bâtie Vieille, Tournefort, Manteyer, Montreviol, Lazer, pour lesquels les évêques de Gap prêtent régulièrement hommage et serment de fidélité au comte de Provence, représenté par son sénéchal. En contrepartie de l’obtention du titre de seigneur majeur détenant la haute justice pour la majorité de ces fiefs, il doit au comte la chevauchée et l’impossibilité d’aliénation de ces biens. Dans d’autres fiefs, il partage son pouvoir avec d’autres seigneurs ou avec le dauphin. Il est représenté dans chacun de ses châtellenie par un châtelain, qui détient pour son compte le pouvoir militaire et judiciaires. Dans le dernier tiers du XIIIe siècle, le territoire s’étendait de Pont Haut et atteignait Buis les Baronnies, par l’action des Mévouillon et des Montauban.

Les travaux exécutés sur les châteaux sont assez peu connus. On sait qu’en 1368, l’évêque fait construire une tour à Poligny, à proximité de la châtellenie delphinale de Saint Bonnet. La majorité des châteaux nous sont connus par les comptes épiscopaux des alentours de 1411, liés à une campagne d’entretien de l’évêque Laugier Sapor, et une enquête delphinale diligentée par le roi dauphin en 1510, qui venait de saisir les biens de l’évêque Gabriel de Sclaffanatis après que ce dernier ait refusé de lui prêter hommage.

Les châteaux de l’évêque sont : Tallard, Rambaud, La Bâtie Vieille, La Bâtie Neuve, Charance, Le Noyer, Lazer, Lettret.

Le territoire delphinal

Au XIe siècle, seul Briançon appartient au dauphin. La Durance constitue alors une frontière naturelle entre le comté de Provence et le comté de Forcalquier. En 1232, Béatrix, fille du dauphin et de son épouse Béatrix de Claustral, petite fille du comte de Forcalquier, vend à son père le dauphin Guigues André les terres qu’elle possède dans les comtés de Gap et d’Embrun, moyennant 100 000 sous tournois. Le dauphin prend alors possession des terres du comté. En 1298, il constitue le baillage du Gapençais et en 1317, celui du Buis. En 1343, le dauphin Humbert II concède la Grande Charte du Briançonnais aux communautés briançonnaises, moyennant 12 000 florins or et une rente annuelle de 4 000 florins ; le dauphin se réserve néanmoins le droit de justice, la perception de la gabelle ou la conscription militaire.

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