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Histoire de la Fortification Médiévale

3 671 views Nicolas Prudhomme 4 juin 2013 0

Cartographie dynamique des Fortifications


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Cartographie dynamique des Empires & Royaumes


CON

La sédentarisation à l’origine de la fortification

Le développement des fortifications semble étroitement lié à la sédentarisation de l’homme, qui a souhaité organiser et structurer ses territoires, administrer ses plantations, son irrigation, protéger ses récoltes, asseoir son droit de propriété ou définir des statuts et des structures hiérarchiques ou institutionnelles. Il n’est donc pas étonnant que les fortifications connaissent leur premier développement avec la néolithisation. Les peuplades les plus avancées ont su donc, bien avant les autres, mettre en place des structures défensives de plus en plus sophistiquées, qui ont marqué toute la culture de la fortification mondiale. Au Ve millénaire avant J.C., les premières traces d’installations urbaines fortifiées ont été observées dans le sud de la Mésopotamie et dans la vallée de l’Indus. Vers 1850 avant J.C., Sésostris III, cinquième roi de la XIIe dynastie, commande la construction de forteresses destinées à protéger la frontière sud de l’Égypte. Vers 1600 avant J.C., les Mycéniens construisent des forteresses en appareil cyclopéen, exceptionnellement conservés (Mycènes, Tirynthe…). En Anatolie centrale, le roi hittite Hantili Ier entoure Hattusha, la capitale de son royaume, d’une double enceinte. Face à la densification des fortifications, l’attaquant se modernise également, et développe des engins de siège. Des bas-reliefs assyriens, datés de 900 avant J.C., témoignent de l’existence de ces machines de guerre. Selon les textes, en 305 avant J.C., Démétrios Ier Poliorcète assiège vainement Rhodes, durant une année entière, en s’appuyant sur des tours de guerre, dont une tour de 33 mètres de haut.


Premières sophistications

En conséquent, les fortifications se renforcent : selon Hérodote, la ville de Babylone, reconstruite en 600 avant J.C. par Nabuchodonosor, est entourée de murailles suffisamment épaisses pour qu’un char tiré par quatre chevaux puisse circuler sur son chemin de ronde ! Au IVe siècle avant J.C., Énée, dit le « Tacticien », décrit le concept de herse dans son traité militaire. Ces savoir-faire s’échangent et s’exportent peu à peu partout dans le monde. En Angleterre, les peuplades de l’âge du fer de Maiden Castle fortifient ce site occupé depuis plus de 2000 ans, en l’entourant d’un rempart de terre appuyés de profonds fossés.

Nous retrouvons ces principes de fortification en Europe du Nord Est. A l’Âge du Fer, les sites de défense se multiplient, toujours choisis avec soin, comme des sommets de montagne entourés de ravins abrupts, méandres de rivière,  ou îles comme à Buchau sur le Federsee. Le Heuneburg, dans la vallée du Danube, est ainsi occupé du Néolithique jusqu’au Xe siècle de notre ère ; depuis la fin de l’Âge du Bronze jusqu’à la Tène III, il est entouré d’une enceinte de pierre sèche ou de terre, formant un chemin de ronde, protégé par un parapet en bois. Citons également le « mur païen » du Mont Saint Odile, près d’Ottrot, qui témoigne d’une occupation depuis l’Âge du Bronze jusqu’au Bas-Empire Romain. Sur ce type de site, vers la fin de l’Âge du Fer, apparaissent parfois des évolutions de la technique de fortification, par la construction d’une structure en bois au sein du rempart de terre ou de pierre, consolidés par un système de tenons, destinée à raidir l’assemblage. Souvent apparaît également un retrait dans le tracé de l’enceinte au niveau des portes, pour en assurer un flanquement, méthode qui perdurera durant le Haut Moyen-Âge et que l’on retrouve en usage jusqu’au XIIe ou début du XIIIe siècle.

En 251 avant J.C., la machine de guerre d’Archimède permet à Syracuse de tenir tête aux Romains. Ces derniers ont recours à de formidables engins de siège ; suite à la destruction de leurs machines, incendiées lors du siège de Lilybée, en Sicile, les Romains développent de nouvelles stratégies de blocus, construisent un fort qui sera le modèle futur des camps de légionnaires et affament la population. Bien loin de là, en Chine, l’empereur Qin Shi Huang fait reconstruire et étendre la Grande Muraille en 220 avant J.C.

La « course à l’armement » se poursuit donc au fil des siècles. En 190 avant J.C., des assiégés retranchés dans Ambracie arrivent à repousser une sape des ingénieurs romains, en les asphyxiant avec des feux de plumes. En 169, ces derniers mettent au point le principe de la « tortue » au cours du siège d’Heracleum, qui leur assure un avantage dans leurs engagements.
En 37 avant J.C., Jérusalem est fortifié par Hérode Ier le Grand, qui y fait construire la citadelle aux trois tours. Au Haut-Empire, en 68 après J.C., Vespasien assiège Jotapha en recourant à plus de 160 engins de siège, transportés à dos de mules. En Europe, après la conquête des Gaules, les Romains tentent de protéger leurs frontières par le limes, d’abord simple chemin dominé à intervalles réguliers par des tours en bois abritant de petites garnisons de 4 à 5 hommes, remplacées à compter du IIe siècle par des tours en pierre, désignées sous le nom de specula. Ainsi, en 122 après J.C., Hadrien fait construire à sa place une muraille défensive destinée à protéger la frontière Nord de la Grande Bretagne des incursions barbares. Le déclin de l’Empire romain et la pression forte des envahisseurs barbares aux frontières s’accompagnent de grandes campagnes de fortifications, qui gagnent en utilité, au dépend du symbolique. En 200 après J.C., le limes germanicus, ligne de fortifications destinée à protéger les frontières nord de l’Empire romain sur le Rhin et le Danude, est achevé. La fortification se compose alors d’un fossé en V creusé derrière une palissade, dont la terre extraite permet de construire un rempart en deuxième ligne ; près du Danude, en Réthie, fossés et palissades sont parfois remplacés par un mur maçonné reliant des tours en pierre. Les garnisons principales sont abritées dans des fortins, conçus sur des plans stéréotypés quadrangulaires à angles arrondis, pour le splus anciens en bois et terre, appelés castrum ou Kastell. Rapidement, les fortins sont reconstruits en pierre, avec un flanquement entre deux tours pour protéger l’entrée, et parfois, pour les plus grands,  des flanquements angulaires. Des castella, composés de logis disposés en U et entourés d’un rempart de terre à structure de bois consécutif à un fossé, viennent compléter le dispositif. En 271 après J.C., Aurélien décide de la fortification de Rome. De 270 à 290, les Romains développent un réseau de forts au Sud et à l’Est de l’Angleterre pour se défendre des Saxons. Face à la pression toujours plus grande des barbares aux frontières, les plans réguliers des fortins sont peu à peu abandonnés. Leurs plans peuvent devenir irréguliers, adaptés au terrain ; ils peuvent être dominés d’une haute tour ; d’autres sont de simples carrés, flanqués ou non, entourés d’une haute enceinte, laissant un espace intérieur très faible. D’autres enfin sont de véritables palais-catrum, entouré d’une vaste enceinte flanquée régulière, comme le castrum de Splite en Croatie, construit comme palais par l’empereur Dioclétien au début du IVe siècle. Durant le IVe siècle, les enceintes des grandes villes de l’Empire sont reprises, et la technique des flanquements se généralise. Ces formes originales, développées entre le IIIe et IVe siècles, font poser les bases du répertoire des châteaux médiévaux. En 413, Théodose II protège Constantinople en y faisant construire une enceinte colossale, qui sera complétée en 447.


La fortification européenne, héritage antique

L’architecture militaire en Europe tire ses origines du monde antique et de la longue occupation romaine. Alors que les cités de l’Orient Ancien et de la Grèce primitive s’entouraient d’enceintes en pierre, flanquées, parfois crénelées, les peuplades de l’Europe septentrionale et occidentale ne possédaient alors que des défenses extrêmement rudimentaires.

Au XIe siècle, bon nombre des fortifications en France sont inspirées, voire directement issues des constructions établies à partir du IIIe siècle en Gaule Romaine. Les fortifications urbaines romaines sont extrêmement normées et aisément identifiables ; bien entretenue, elles sont encore souvent en élévation et même en usage au Xe siècle. A côté, existe également des « castella », totalement dédiés à la fonction militaire, de format plus compact, qui, faute d’entretien, n’était plus que de lointain souvenir vers l’An Mil. Un exemple souvent cité est celui du castellum de Jublains, en Mayenne (voir fig 1), peut être entrepôt (d’or ?) transformé à la fin du IIIe siècle en citadelle. Sa forme répond à un modèle présent dans l’ensemble de l’Empire romain et qui se diffusera à compter du Ve siècle par les Byzantins présents sur les rives de la Méditerranée.


Les fortifications du Haut Moyen-Âge

Le développement de fortification vernaculaire

Au début du Haut Moyen-Âge,on assiste principalement à la remise en état des places préexistantes. Les villae, centres de grands domaines agricoles, se transforment en court ou curtis. Elles ne sont plus recentrés sur l »habitat du maître, mais sur l’ensemble des bâtiments agricoles, regroupés, et entourés d’une enceinte lâche à plan centrée, en terre ou en pierre, avec un chemin de ronde continu et une éventuelle tour porte, comme les Ringwall de Hünekeller (Hessen), Gro de Stöttinghausen (Niedersachsen), ou la Court de Broich (Westphalie). Apparaissent également des castra, associés à des domaines ruraux, épousant des formes diverses, qui s’adaptent et utilisent le terrain au mieux (éperons barrés, sites de crêtes…), et constituent de nouvelles formes originales défensives, de type vernaculaire. Le plus connu est le castral comtal d’Andone, du IXe siècle.

Les forts carolingiens

A l’époque carolingienne, l’empereur fait réaliser de nombreux forts au cours de campagnes annuelles sur les frontières orientales de l’Empire. Il peut s’agir de retranchements provisoires pour stationner des troupes, comme l’enceinte de Christenberg ou de castra plus pérennes, pour des troupes d’occupation, comme ceux établis au pays des Saxons.

Les palais carolingiens

Parallèlement, les palais impériaux (Aix la Chapelle, Frankfurt, Paderbirn, Nimègue) puis royaux dans l’espace germanique témoignent d’une organisation extrême de l’espace, autour de fonctions symboliques bien définies. Si il n’y a pas de plans types pour ces divers établissements, on reconnaît sans peine une nette inspiration antique ;  à côté de l‘aula regis se trouve une église palatine, parfois dans l’enceinte (Aix, Nimègue), d’autre fois à l’extérieur comme à Ingelheim (remplacée au Xe siècle par une église intérieure). Ce palais, qui nous est assez bien connu, a été construit vers 807, et sert régulièrement de résidences aux Empereurs, jusqu’à Frédéric Barberousse dans la seconde moitié du XIIe siècle. Il se compose d’une enceinte en D, aux murs épais de 1 mètre, orientée selon les points cardinaux et flanuée de tours carrées et circulaires. L’aula est une salle de 38,20 mètres sur 14,50 mètres, avec une abside semi-circulaire. Côté Nord se trouvent les logements impériaux, avec des fenêtres ouvertes au Sud sur la cour, à l’Ouest se trouvent les bains. La partie Est est fermée d’une enceinte semi-circulaire. La face intérieur des bâtiments est parcourue par des galeries à colonnades, permettant de circuler d’une pièce à l’autre, sur le modèle romain. Les communs sont rejetés à l’extérieur, à l’Ouest, dans une enceinte qui leur est propre, figurant la basse cour médiévale. L’entrée se faisait par une tour porte non flanquante, sorte de sas, encadrée par deux tours formant un châtelet. Ce type de porte se rencontre par ailleurs sur d’autres sites, comme au castrum de Christenberg ou à Kyffhäusen.

Les forteresses Slaves de l’Est

Entre le VIIe et le XIIe siècle, les terres situées à l’Est de l’Elbe et de l’Autriche actuelle sont occupées par des Slaves, qui construisent entre le VIIe siècle et le XIIe siècle pas moins de 650 forteresses en bois dans le Nord Est de l’Allemagne actuelle, consacrant pour longtemps leur réputation de charpentiers Citons comme exemple la grande enceinte circulaire fossoyée en bois de Tornon, au Sud de Neustrelitz, occupée en son centre par une résidence aristocratique, entourée de maisons et greniers, ou celle de Alt Lûbeck, enceinte circulaire fossoyée en terre à structure de bois, doublé d’un chemin de ronde, de 100 mètres de diamètre, qui occupe une île artificielle de la Trave. Le milieu de cette structure est occupé par une église entourée de maisons.

Cette période s’étend du Xe siècle jusqu’à la deuxième moitié du XIIe siècle.

CON

Les grandes familles de fortifications à la fin du Xe siècle

Au début de la période romane, il existe quatre grandes familles typologiques identifiables :

Les enceintes urbaines héritées de la Gaule Romaine : de formes géométriques et régulières, elles sont totalement normées, régulièrement flanquées de tours en fer à cheval ou rectangulaires, et percée de portes.

Les castra urbains : construits à proximité de centres urbaines, dans ou hors de l’enceinte, ils sont des centres de pouvoir. Lorsqu’ils se situent hors de l’enceinte, ils sont à l’origine des développement bipolaire des villes (exemple : Arras, Limoges)

Les castra ruraux de dignitaires : apparus au IXe siècle, lors de la lutte des comtes héréditaires, ils ont pour objets d’affirmer au mieux les rapports de domination aux frontières des territoires.

Les fortifications rurales et vernaculaires : utilisant au maximum les accidents de terrain, qu’elles épousent, elles se constituent principalement de terrassement, de fossés, de levées de terre issue de la terre extraite des fossés, de palissades s’élevant sur les merlons ainsi constitués, et parfois de murailles. Dans quelques cas, des tours appuyaient la palissade, comme à Mirville dans le Calvados. A l’intérieur de cette enceinte qui servait de cadre, divers bâtiments résidentiels et fonctionnels, à poteaux, s’organisaient de façon pragmatique. La forme courbe y est prépondérante, car adaptée à l’architecture de terre et de bois. La pierre étant rare et coûtant cher à travailler, elle n’est que très exceptionnellement présente, comme à Doué la Fontaine au début du Xe siècle ou à Andone.


Les évolutions de la fin du Xe siècle

La volonté de renforcer la présence territoriale de seigneurs châtelains ou de nouveaux conquérants locaux s’est traduit par le développement de « fortifications de terre », à caractère défensif mais aussi administratif, résidentiel et de surveillance, caractérisée par le recours à de grands terrassements, au bois, au torchis et parfois à la pierre. La programmation de ces structures peut se décliner de la façon suivante :

une fonction symbolique, qui se traduit dans le programme par des attributs ostentatoires, symboliques, militaires.

une fonction résidentielle, le site fortifié étant le lieu résidentiel noble, élaboré autour d’un espace de réception associé à la cuisine, d’un espace de vie, et d’un espace cultuel (une chapelle). Cette fonction est reproduite pour chaque autres membres nobles du castrum.

une fonction utilitaire et se service, regroupée dans la basse-cour, constituée de greniers, étables, pressoir, moulin, puits…

une fonction publique, constituée des structures de peuplement des villageois associés au castrum.


Le sens de la hiérarchisation verticale de l’espace

Dans l’espace fortifié roman, la séparation de l’espace utilitaire, de la cour d’exploitation ou basse-cour et de l’espace symbolique noble seigneurial, s’opère par une hiérarchisation verticale.

Parmi les éléments symboliques de partition de l’espace, nous pouvons distinguer :

– La motte, à la fonction ostentatoire et symbolique. La motte peut être isolée, avec basse cour, ou être multiple. Les sites d’escarpement sont d’autant plus sensibles à ce principe. La motte n’est, au final, qu’un démembrement de l’ancienne curtis du haut Moyen-Âge.

La tour maîtresse, à la fonction défensive ou résidentielle, accompagnée ou non d’une motte.

La chemise ou la haute enceinte, à la fonction défensive ou résidentielle, associée ou non à une tour maîtresse ou à une motte.


La motte : fonction symbolique du pouvoir seigneurial

Pendant la période romane, la structure « motte », butte tronconique de terre, se développe et se diffuse extrêmement vite à travers le territoire. Selon J. Mesqui [2], elle s’impose à travers toute l’Europe à la fin du Xe siècle. Elle constitue, sans conteste, et ce jusqu’à la fin du XVe siècle, le symbole de la puissance châtelaine.

Du XIe au XIIe siècle, la motte est exclusivement porteuse du symbole de dominance seigneuriale, ostentatoire, et se doit d’être systématiquement associée à des éléments défensifs.

>Liste des mottes en France

Les tours sur motte

Ces tours portent tout le symbolisme châtelain ; ainsi, la motte issue de la corvée représente le pouvoir sur les populations, et la tour issue du travail non corvéable par le recours à la maçonnerie, est le signe de richesse et de puissance.

Sur le plan de l’analyse castellologique, il est intéressant de noter que lorsque les tours ont été construites de façon contemporaine à la motte, l’instabilité de cette dernière, non encore tassée, à souvent amener à leur déversement. Dans bien des cas, l’érection de la tour est bien plus tardive que celle de la motte, en permettant alors le tassement. Les tours aujourd’hui isolées étaient très probablement entourées d’une enceinte ou d’une simple palissade, disparues depuis.

>Liste de tours sur motte

Les enceintes sans tour sur motte ou « shell keeps »

Peut être pour des raisons pratiques de gestion de l’espace ou pour des raisons économiques, l’enceinte a pu être construite sans tour, et abriter divers bâtiments, à fonction résidentielle ou utilitaire.Ces enceintes, à valeur ostentatoire, sont désignées dans le vocable anglo-saxon par le mot sheel keep.

A noter qu’à posteriori, certaines de ces enceintes ont été tardivement transformées en tour maîtresse.

>Liste de fortifications de type shell keep

Les tours sur motte à chemise

Dans ce cas, la tour était entourée d’une enceinte ou chemise en maçonnerie, remplaçant les palissades initialement existantes, véritable doublon symbolique. Dans la majorité des cas de la période romane, la chemise est tellement proche de la tour qu’il est quasi-impossible d’ériger des bâtiments dans l’espace libre. Dans d’autres cas, la plateforme sommitale était suffisamment étendue pour que divers bâtiments puissent y prendre place.

D’autres cas particuliers à mottes

Le surmottement : Ce processus consiste à remplacer un site existant par une motte après l’arasement des structures pré-existantes (exemple de Goltho en Grande Bretagne, de Mirville dans le Calvados). Ce phénomène est assez répandu en Europe et mis en évidence par des fouilles archéologiques.

>Voir la liste des sites surmottés

L’emmottement : L’emmottement diffère du surmottement dans le fait qu’il respecte les bâtiments existants, exigeants une adaptation de ceux-ci.

>Voir la liste des sites emmottés

Mottes multiples

Certains sites possèdent des mottes multiples, qui sont la résultantes :

– d’une chronologie différente, un site primitif étant abandonné au profit d’un nouvel emplacement accompagné de nouveaux terrassements

– d’une différenciation de fonction, une motte supportant la tour, et l’autre la basse-cour

– d’une juxtaposition de fonction, représentative de l’existence d’un partage ou d’une co-seigneurie

– des vestiges de siège, ayant amené à des travaux de terrassements offensifs.


La tour maîtresse

La fonction symbolique de la tour porte ou de la tour maîtresse est supérieure à celle de l’enceinte, s’y imposant en son milieu ou en position de chevauchement. Voir les articles sur les tours maîtresses.


Les enceintes seigneuriales sans motte

Même si la motte se développe fortement durant la période romane, l’enceinte simple, constituée d’une plateforme entourée d’un fossé et protégée par un merlon établi à l’aide des terres extraites du fossé, surmonté d’une palissade en bois ou éventuellement maçonné, reste un modèle assez répandu à cette période. Ces sites ne portent pas de marque particulière de la domination seigneuriale, si bien traduite par le surhaussement de la motte.

Enceinte sans tour maîtresse : Ces sites ne possèdent pas de symbole de la prééminence seigneuriale.

>Liste des enceintes sans tour maîtresse et sans motte

Enceinte à tour porte : Dans ce type d’enceinte, en l’absence de motte et de tour maîtresse interne, la puissance seigneuriale est portée par la tour porte.

Enceinte à tour maîtresse interne : La tour maîtresse porte alors tout le symbole seigneurial. Elle est placée au milieu de l’enceinte. Sans être pour autant désignée comme inférieure à la motte sur un plan hiérarchique et symbolique, selon J. Mesqui [2], ces sites à enceinte ont souvent été, a posteriori, équipé de mottes.

>Liste de site à tour maîtresse sans motte


La hiérarchie horizontale de l’espace fortifié

La hiérarchisation peut apparaître selon les modèles suivants :

*En emboîtement : l’enceinte de la basse cour vient se refermer sur la motte, de façon tangentielle. Ce schéma est presque toujours systématique pour les fortifications de terre, en plaine. Dans les fortifications de crête, la motte, occupant le point le plus élevé et le plus escarpé, est plus clairement séparée de la basse cour. Les niveaux peuvent se multiplier à plusieurs reprises, de la motte au village. Dans ce modèle, la motte peut être soit placée en position défensive, protégée par l’enceinte, soit en position offensive, protégeant l’enceinte (fortifications du Val de Loire du XIe et XIIe siècle).

*En ordre concentrique : ce schéma connu à Gisors est surtout répandu en zone urbaine, où l’espace extérieur est partiellement immuable, en raison notamment de la présence d’habitations.

*Sans hiérarchisation : c’est le cas des enceintes vernaculaires, des simples levées de terre avec palissade, destinées à recevoir des bâtiments agricoles ou à être des lieux de stabulation, dont l’aspect utilitaire ou défensif est plus important que la symbolique seigneuriale.


L’usage de la pierre : évolution et sens

Si les constructions en terre ne relèvent que des banalités et des corvées, le recours à la pierre nécessite des moyens financiers bien plus importants ; les éléments marquants la prééminence ont été bien logiquement les premiers à en bénéficier, comme les tours maîtresses quadrangulaires, décrites comme des donjon romans. La modification des conditions socio-économiques a permis le développement de ces constructions, à compter de la fin du XIe siècle. En aucun cas il ne faut voir, dans le recours à la pierre, une « évolution technique », par opposition à l’usage du bois et de la pierre.

Par ailleurs, si le développement du recours à la pierre a modifié l’allure de la fortification, elle n’en a que peu modifié la structure. Son utilisation a surtout permis de sophistiquer les dispositifs défensifs, alors que les plans d’ensemble n’évoluent pas jusqu’à la première moitié du XIIe siècle. Par contre, la structure de défense évolue, avec la réapparition du flanquement ; pour le XIe siècle, les exemples de flanquement en maçonnerie restent rares (citons notamment la tour de Mirville, en colombage, flanquée une enceinte de terre ou l’enceinte de Fécamp au début du XIe siècle, qui possédait au moins une tour de flanquement), alors qu’il devient bien plus systématique au cours du XIIe siècle. En France, l’évolution se traduit également par la modification des plans des tours maîtresses, qui intègrent des flanquements intégrés dès la fin de la première moitié du XIIe siècle.

Dès le second tiers du XIIe siècle, les flanquements maçonnés, souvent de formes rectangulaires, se multiplient. Les sophistications du dernier quart de siècle se traduisent par l’apparition de formes en éperon, de tours octogonales ou de formes circulaires pleines.

CON

La fortification gothique du dernier tiers du XIIe siècle au XVe siècle

A compter du dernier tiers du XIIe siècle, des évolutions significatives interviennent dans le domaine de la fortification et les années de 1170 à 1200 marquent une transition définitive à un nouveau type de fortification, motivée par une évolution fulgurante de la poliorcétique au contact des Byzantins. En conséquence, par le réexamen des fortifications romaines survivantes et l’agrégation de savoirs-faire, une nouvelle façon de fortifier apparaît, marquant également le passage d’une culture du symbole et de la coutume à celle de la domination des territoires, par des pouvoirs centraux forts et affirmés.

Les caractéristiques de ces nouveaux châteaux, dits « gothiques » peuvent se résumer de la sorte :

le recours à l’usage quasi systématique de la maçonnerie, tant pour les symboles de prééminence que pour les structures résidentielles ou pour les enceintes

l’éclosion de plans géométriques, conséquence de l’usage de la maçonnerie. Les enceintes autrefois ovalaires deviennent alors polygonales, plus ou moins régulières.

la sophistication des plans, dont Château Gaillard est un archétype, avec des architectures toujours plus complexes, toujours plus réfléchies.

l’évolution de la stéréotomie des talus, qui s’adaptent aux formes des flanquements de l’enceinte.


Les années 1190 et la fortification philippienne

La fortification dite philippienne se développe à partir des années 1190. Elle se caractérise par la mise en œuvre de fortifications ex-nihilo ou reprenant en profondeur des structures existantes, remarquable par son ampleur et par la normation de ses éléments. Le schéma type est celui d’une enceinte rectangulaire flanquée aux angles par des tours circulaires, et parfois au milieu des courtines, une porte aménagée entre deux tours flanquantes, des logis alignés le long des murs intérieurs, et une tour maîtresse placée le plus souvent à un des angles de l’enceinte.

En dehors du château du Louvre (qui possède sa tour maîtresse au centre) et Yèvres le Châtel (qui ne compte pas de tour maîtresse), la tour maîtresse philippienne est quasiment toujours détachée de l’enceinte. Elle se compose d’une tour circulaire massive, entourée de son propre fossé lui-même circulaire, qui la rend autonome ; elle est pourvue d’un accès vers l’intérieur de la place et doublé d’un accès vers l’extérieur, sans suprématie verticale particulière. La forme quadrangulaire ne peut être considérée comme un élément systématique du plan d’ensemble de l’enceinte (pensons au cas de l’enceinte polygonale de Montlhéry), et bien souvent l’enceinte suivra un plan polygonal, constitué de segments tendus entre deux flanquements, remplaçant une enceinte primitive aux formes plus floues. Par contre, le flanquement systématique des angles de l’enceinte constitue un élément significatif de la fortification philippienne.

Dans le cadre d’enceinte urbaine, nous retrouvons le principe de recours aux flanquements circulaires systématiques le long d’une courtine rectiligne, et du flanquement des portes par des massifs à deux tours.

Le développement de ces nouvelles formes constituent un catalyseur du changement des formes des fortifications sur le territoire français.


Les grands principes de la fortification jusqu’au XIVe siècle

Les principes inspirés de la fortification philippienne

La fortification philippienne va influencer notablement l’art de la fortification jusqu’au XVe siècle. Analysons le devenir de ses différents caractères :

Les tours maîtresses détachées. Peut être plus marque symbolique que nécessité militaire, le principe de la tour maîtresse détachée est repris de façon ponctuelle par quelques constructions, mais ne sera jamais systématique.

>voir la liste des châteaux à tours maîtresses détachées

Le schéma rectangulaire à flanquement circulaire. Les « tournelles », selon leur désignation médiévale, ont pour but de battre par le tir les courtines adjacentes, et imposent la symbolique du seigneur-constructeur. Le schéma rectangulaire est celui qui permet sans conteste l’utilisation la plus optimale de l’espace intérieur et la construction de bâtiments contre l’enceinte.

Le schéma d’enceinte polygonale régulièrement flanquée. C’est la régularité qui est la marque de l’influence philippienne. Ce type de château est assez représenté sur tous le territoire, du XIIIe siècle au XVe siècle.

Les autres modèles

Les modèles géométriques centrés à flanquement régulier, les plans triangulaires, et octogonaux. L’origine est probablement plus antique ou carolingienne, dans la recherche de la perfection de la forme, et ont pu habilement remplacer des structures circulaires, par une mise en œuvre plus simple de segments rectilignes, victoire de l’esthétique sur la fonctionnalité.

Les enceintes de plan circulaire restent relativement rares et anecdotiques.

Les enceinte sans flanquements. Limitée à des constructions de second ordre, elles sont souvent le résultat d’une incapacité du maître d’ouvrage à concevoir les flanquements en raison des exigences qui peuvent peser sur le programme. Ils sont souvent habilement remplacés par des échauguettes d’angle ou des angles arrondis reprenant à bon compte le principe des flanquements. La présence de courtine rectiligne témoigne néanmoins d’une évolution des techniques.

A partir du XIIIe siècle, l’espace intérieur est redéfini pour accueillir l’ensemble des bâtiments résidentiels liés à la vie seigneuriale. La forme rectiligne des courtines tend à pousser les maître d’œuvre à disposer ces bâtiments contre ces courtines. Néanmoins, dans bien des cas, les bâtiments sont implantés de façon lâche par rapport à l’enceinte. Les bâtiments peuvent former une cour interne, parfois doublée d’une galerie à arcade, qui tranche avec l’absence générale de plan des constructions antérieures.

Les sites secondaires ont un recours importants à la tour maîtresse, qui exploite pleinement la dimension symbolique, quelle soit totalement symbolique comme dans les tours beffroi ou seulement mixte, comme dans les tours résidence, cette tour n’étant pas nécessairement unique.


L’évolution des enceinte urbaines

L’évolution des enceintes urbaines suit celle des châteaux :

les courtines sont composés de segments rectilignes, flanqués à intervalle plus ou moins réguliers ;

l’apparition de tours de commandement, plus massives que les autres, placées à des emplacements stratégiques.

A partir du XIIIe siècle se développent des villes ex-nihilo, à plan géométrique, et s’inspirent des plans philippiens, comme Aigues Mortes.


La diffusion des concepts gothiques en France

La diffusion des plans géométriques flanqués est portée dans les zones secondaires par le pouvoir royal et par les Plantagenêt dans leur sphère propre. Ces derniers conservent néanmoins une réelle originalité de la construction, ne s’imposant jamais de normes.

La couronne française. Les concepts de fortification pénètrent le territoire par les centres de pouvoir royaux. Elle commence au XIIIe siècle, par l’Ile de France, l’Orléanais, puis vers le Nord, le Berry, et l’Auvergne. L’alliance à d’autres grandes familles permet la diffusion vers la Bretagne, la Picardie, la Champagne. Dans le second quart du XIIIe siècle, la pénétration s’accentue vers l’Ouest et dans le Languedoc. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, le pouvoir royal s’affirme dans l’ensemble de ces régions, s’associant à une diffusion considérable des modèles flanqués géométriques et réguliers. Au XIVe siècle, ce mouvement se continue, notamment dans les zones en cours de conquête comme les Flandres.

Le courant en zone Anglaise. Dans cette zone, le flanquement apparaît dès le XIIe siècle, et reste ouvert à la création, mais marqué néanmoins par une certaine rudesse par rapport à l’Angleterre. A la fin du XIIIe siècle, la Guyenne est mise à niveau et les fortifications imitent le style philippien, à un siècle d’intervalle.

Autre zone. En Bourgogne, les influences sont manifestes dès la fin du XIIIe siècle et au XIVe siècle. En Savoie, les fortifications se modernisent et voient se développer des flanquements octogonaux.

Les terres d’Empire, Provence, Dauphiné, Jura, Alsace, prennent un net retard, préférant des fortifications compactes, sans réels flanquement, les enceintes enveloppantes et les tours beffrois.


L’évolution des modèles à partir du XIVe siècle

A partir du milieu du XIVe siècle, l’application des principes se voient plus libre, en fonction de besoins différents, comme résidentiel à Vincennes. La richesse de la construction, par sa décoration, son aspect, est une nouvelle façon de montrer sa puissance. Le luxe architectural devient un signe de différenciation ostentatoire. Dans les grandes constructions royales ou princières, l’apparition de galeries intérieures tend à montrer un glissement du château vers le palais. Pour les fortifications secondaires, on assiste à une multiplication des tours maîtresses résidentielles, petits châteaux elles-mêmes, résultat de l’insécurité grandissante pendant la guerre de Cent Ans. Les fortifications urbaines voient leur vocation militaire renforcée pour les mêmes motifs. Vers 1350-1360, les villes développent des enceintes à flanquement, mais aussi des systèmes de fossés doubles

Châteaux multiples, divisés

Les partages et démembrement de seigneuries peuvent amener à la multiplication de châteaux sur une zone donnée, mais qui peut aussi se traduire par la création de partition interne.

Les châteaux secondaires

A compter de la seconde moitié du XIVe siècle, de nombreuses résidences fortifiées apparaissent, sous forme d’édifices compacts et multi-fonctionnels, mélangeant fonction résidentielle et défensive, les enceintes n’étant plus que limitée à un rôle d’arrêt (cas du château de Vez).


Les conséquences du développement des armes à poudre

Dès la fin de la première moitié du XIVe siècle, les armes à poudre apparaissent. Le canon est mentionné dans l’Empire à Metz en 1324, en Italie en 1325, en Angleterre en 1326, en France en 1327, en Espagne en 1331, en Espagne en 1338, en Allemagne à Augsbourg en 1340. Les mentions se multiplient après cette date, et après 1365 deviennent même nombreuses. Vers 1400 coexistent des armes de tout calibre, portative ou lourde. Durant la première moitié du XVe siècle, ces évolutions ne changent pas pour autant les éléments de défense maçonnés, mais induisent des changements notables dans les éléments de protection avancée. Dans le troisième quart du XVe siècle, de nouveaux concepts se développent, et se diffusent largement dans le dernier quart du XVe siècle. En fonction des moyens financiers, ces modifications peuvent se limiter à une modification des ouvertures de tir, comme à la naissance de nouvelles structures fondamentalement différentes. Ces évolutions sont portées principalement par les constructions princières et par les communautés urbaines, qui, étant devenues des enjeux majeurs pendant la Guerre de Cent Ans, avaient su recourir à l’impôt pour développer de nouveaux concepts, inenvisageables financièrement pour des constructions castrales secondaires.

La première moitié du XVe siècle est vide d’innovation. Tout au plus, les murs s’épaississent, les ouvertures de tir sont modifiées, notamment à partir de 1400, où les engins de tir individuel se multiplient. Des fenêtres sont ouvertes en plus grand nombre, donnant le sentiment d’un affaiblissement de la fortification. L’innovation majeure est la création de boulevards, constitués de plateforme de terre, renforcée de treillis de charpente, placé en amont des ouvrages maçonnées et destinés à protéger les points faibles des enceintes et les portes en empêchant le tir de gros boulet, mais aussi à recevoir des éléments d’artillerie. La deuxième innovation consiste en un remparage des courtines existantes, dont la partie interne est renforcée par l’apport de terre et qui donnera naissance au bastion. Il existe de nombreux plans d’architectes italiens, sur lesquels il est possible de voir des tours carrées à très fort talutage, dès 1400.

A partir de 1450, les tours à canon se développent : aux murailles très épaisses, surbaissées par rapport au rapport de domination normale, dotées d’ouverture à arme de calibre moyen, équipée de terrasse destinée à recevoir des canons de gros calibre, elles sont l’apanage des grands maîtres d’ouvrage. La forme générale du château ne change pas, en dehors des tours à canon en U qui assurent le nouveau flanquement, et le développement de boulevards destinés à éloigner les tirs ennemis et à recevoir de l’artillerie. Dans bien des cas, l’espacement des tours augmente, atteignant la soixantaine de mètres. Cependant ces nouvelles tours souffrent d’une faiblesse incontournable : elles ne flanquent plus que partiellement les courtines, laissant des angles morts. Ce problème n’est résolu qu’à la fin du siècle, par la création de ravelins détachés, permettant de croiser les tirs, comme à Salses.

Parallèlement, d’autres châteaux sont érigées selon les anciennes normes, sans surbaissement particulier des tours ou des courtines.

Dans les terres d’Empire, après 1500, les châteaux sont entourés de remparts boucliers, enceinte supplémentaire assez haute, parfois flanquée, qui entoure le château comme à Rüsselheim en Hesse, transformée pour le canon après 1520. Dans d’autres cas, notamment pour les sites de montagne, on voit apparaître régulièrement des murs boucliers, construits sur des rochers natifs, comme en 1530, au château de Neu Scharfeneck, en Palatinat, dont le mur bouclier, construit sur un rocher dans lequel sont ménagés des casemates et des chambres de tir, mesure 58 mètres de long pour 12 mètres d’épaisseur et pour une hauteur de 20 mètres. Ces murs boucliers de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle restent généralement moins hauts et plus épais que ceux des châteaux médiévaux.

Au début du XVIe siècle se développe aussi le principe des portes en série, enchaînant barbacane, portes, fosses, ponts mobiles, herses. Le cas particulier du Hohen Osterwitz en Autriche, modernisé entre 1570 et 1586 ne présente pas moins de 14 tours portes successives pour défendre son entrée. Greifenstein, en Hesse, modernisé entre 1459 et 1504, ne comptait pas moins de 21 portes !

Le résumé du savoir réuni par Albert Dürer, véritable bible de la fortification en usage jusqu’au milieu du XVIe siècle, n’est diffusé qu’en 1527. Dürer, novateur, préconise l’usage de la tour d’artillerie, sous forme de proto-bastion, tours au plan généralement circulaire, casematées, aux murs et voûtes très épais, à l’épreuve des boulets, percées de canonnières en X, équipées de conduit d’évacuation des gaz. Ces structures sont parfois rejetées sur la contrescarpe pour contrôler le passage et la défense des portes.


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Inventaire technique des châteaux-forts et fortifications du Xe au XVe siècle : manoirs, maisons fortes, enceintes urbaines, églises fortifiées, mottes, châteaux-forts - Analyse du Bâti et synthèse castellologique