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Châteaux-forts

4 231 views Nicolas Prudhomme 5 juin 2013 0
Bibliographie

[1] Petit vocabulaire du château du Moyen-Âge, Philippe Durand, éditions confluences, 2009
[2] Châteaux et enceintes de la France médiévale, de la défense à la résidence, Jean Mesqui, éditions Picard, 1993
[3] Aristocratie et pouvoir, le rôle du château dans la France médiévale, A. Debord, Editions Picard, 2000
[4] Noble et forte maison, l’habitat seigneurial dans les campagnes médiévales, A. Sirot, Editions Picard, 2007
[5] Châteaux et maisons fortes en Lorraine centrale, G. Giuliato, 1992

Glossaire

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CON

Le Moyen-Âge a vu naître et se développer des édifices à caractère militaire, résidentiel et ostentatoire, symboles de la domination et de la puissance d’une aristocratie sur le reste de la société.

P. Durand [1] en donne comme définition :

Château : n. m. Édifice élevé par l’aristocratie du Xe au XVe siècle, afin de répondre à trois fonctions : défense, résidence, symbolisme.

Château-fort : n. m. Terme créé à l’époque moderne pour signifier la fortification de l’édifice et surtout son appartenance au Moyen-Âge ce afin de le distinguer des bâtiments plus tardifs ; à l’époque médiévale, la fortification d’un château est implicite. En conséquence, l’utilisation de l’adjectif « fort » n’est pas systématique.


Définitions du château

Le château est avant tout la résidence privée du chef de guerre, et par association, du noble. Il est considéré comme « le lieu de résidence fortifié d’un détenteur du droit de ban, à l’origine d’une circonscription territoriale, mandement, châtellenie ou bourg ». Il est le centre de rayonnement du pouvoir administratif, économique et politique de la classe noble.

Avant le XVIe siècle, son caractère le plus permanent est son aspect militaire, le rendant « fort » par essence, par nature. Il est décrit dans les textes historiques sous le nom de « chasteau », « chastel » en pays d’Oc, « castel », « castet » plus au nord, tous ces appellations dérivant du latin castellum, diminutif du mot castrum, qui désignait tous les ensembles fortifiés. Dans les textes médiévaux latins, le mot castellum est par ailleurs bien souvent préféré pour la description de ce que nous désignons aujourd’hui sous le nom de château. Cependant, les textes désignent tout aussi bien sous le nom de castrum, castellum, chasteau, ou chastel, une ville ou une agglomération fortifiée, montrant l’ambiguïté du terme dès ses origines ; la présence d’éléments de fortification est donc le seul vrai critère signifiant de la notion historique de château. Ce n’est qu’avec les premiers temps de la Monarchie Absolue que le terme de château commence à décrire des constructions purement résidentielles et ostentatoires, sans réelles préoccupations militaires.


Autres termes, autres structures

Il existe dans les textes historiques d’autres termes utilisés dans la langue savante ou vulgaire, qui tous ont trait à la fortification : dans certains cas, les clercs utilisent parfois le terme d’oppidum, directement issu de la littérature antique, dont l’acceptation semble plus large que celle du simple castrum ; dans le Sud de la France, il est également fait mention de « capitolium » (exemple des tours toulousaines), de burgs dans les pays à consonance germaniques, de bourgs pour désigner en France des agglomérations fortifiées, dépendant d’un château ou d’une ville, de « turris » pour désigner la tour maîtresse d’un château (notion équivalente dans la littérature moderne vulgaire du mot « donjon »), de bretesche, de bastille, de bâtie

Le manoir, du latin manerium – lieu de résidence – désigne des constructions résidentielles sommairement défendue ; cependant l’ambiguïté est assez grande, car il est fait couramment mention de « manoirs fortifiés ». Existent également des lieux de résidence monumentaux et notables par leur ampleur, à la hauteur de leurs occupants princiers ou de haut rang : il s’agit des palais, dont les fonctions résidentielle et ostentatoires sont prépondérantes.

Les personnages les moins puissants s’abritaient dans des repaires ; subordonnés à l’autorisation de fortifier de leur suzerain, ces petits nobles n’avaient droit à recourir qu’à des éléments défensifs légers. Seuls des retranchements de terre, des fossés, des palissades de bois, quelques basses courtines, des flanquements sans embrasures de tirs, des entrées sans pont-levis leur étaient permis. Ces domus forti sont alors désignés sous les termes de maisons fortes, de castellare dans le Sud Ouest, ou de castéra en Gascogne… Durant la guerre de Cent Ans, face à l’insécurité grandissante et au pouvoir déclinant des princes, le recours aux organes militaires interdits comme les créneaux et merlons, les remparts, les fossés profonds, ou les tours, n’est alors plus réellement réglementé et leur érection ne dépend plus que de la volonté et des capacités financières du bénéficiaire.


En substance…

Dans les textes, le château est donc la fortification. Mais comment alors le classer par rapport aux enceintes urbaines, aux granges fortifiées, aux abbayes et églises fortifiées, aux enceintes vernaculaires ou de stabulation ? Simplement en se souvenant que le château est aussi le lieu de résidence du dominus, du seigneur qui domine la terre et les hommes. Le château doit donc assurer la fonction résidentielle destinée au maître ou à son représentant, à ses subordonnées, à ses serviteurs, à ses hommes d’armes ; il doit aussi posséder des éléments destinés aux fonctions de utilitaires et de support, comme les celliers, les entrepôts, les réserves, les étables, les pressoirs, les fours, les forges… Le château doit aussi permettre d’accueillir des populations en cas de guerre, d’exercer la justice, de tenir des assemblées, des audiences, de recevoir des ateliers monétaires : le château est ainsi symbole de la structuration et de l’organisation de la vie sociale, symbole administratif, politique et ostentatoire du pouvoir féodal.

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Inventaire technique des châteaux-forts et fortifications du Xe au XVe siècle : manoirs, maisons fortes, enceintes urbaines, églises fortifiées, mottes, châteaux-forts - Analyse du Bâti et synthèse castellologique