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IS-Islande : Analyse Territoriale

618 views Nicolas Prudhomme 17 décembre 2016 0

Bibliographie

Sources & Références de la base de données :

[1] Des chefferies vikings aux seigneuries islandaises : pouvoir, institutions et identité dans l’islande médiévale (870-1260), Gregory Cattaneo, projet de thèse en histoire médiévale, université Paris IV
[2] Iceland, the journal of a residence in that island, Ebenezer Henderson, 1818
[3] Reykholt: Archaeological Investigations at a High Status Farm in Western Iceland, published by the National Museum of Icelan, par Guðrún Sveinbjarnardóttir
[4] Islandica, The Saga of Olaf Tryggvason, Cornell University Library, 1942
[5] Þingvellir: Archaeology of the Althing, A. Bell, 2010
[6] Viking Empires, A. Forte, R. Oram, et F. Pederson, ed. Cambridge University Press, 2005
[7] Power and Piety: Church Topography and Episcopal Influence in Northern Iceland, E.M. Bauer, Université d’Oslo, 2008
[8] The Archaeological Heritage Agency of Iceland, http://www.europeana.eu/portal

Glossaire Spécifique

Le glossaire est enrichi au fil des lectures. Il est dressé à partir des expressions effectivement employées dans les textes descriptifs médiévaux.

contenu

Glossaire spécifique


Virki. Le mot virki semble être un équivalent de l’allemand « burg » et dériverait de la racine franque werki, qui désignait le travail de fortification, le terrassement, l’enceinte. Finnur Jonnsson le traduit par « pouvoir », « rempart », « fortification », et l’associe étymologiquement à la notion d’enceinte. Dans le dictionnaire de Gudmundur Andresson de 1683, virki serait le synonyme du latin « castrum, munitio, munitum vallo septum » et de l’anglais « castle », « fortification », « battlement/surrounding wall ». Le dictionnaire islandais d’archéologie décrit le virki comme une structure à finalité défensive, en terre « turfwirki » ou en pierre « grjótvirki« , en liaison avec des exploitations agricoles. Leurs usages étaient d’une part défensive et d’autre part symbolique.

Virki a husum : maison forte, enceinte autour d’une maison.

Virki um bæ : ferme forte, enceinte autour d’une ferme.

Vigi. Ce mot est souvent utilisé comme synonyme de Virki, mais correspond étymologiquement au mot retranchement. Il s’agit d’un terme générique pour désigner une fortification. La traduction latine proposée dans le dictionnaire d’islandais-latin est castellum, à savoir le site défensif.

Kastali. Le mot est conforme à la traduction latine dont il dérive, à savoir le chateau-fort, « burg » en allemand ou « castle » en anglais. Il s’agit d’une fortification principale, de bois, de terre et de pierre. Ce mot désigne également le « château de bois » d’un bateau.

Jarðborg. Ce mot n’apparaît que très rarement dans les textes, qui pourrait correspondre à une forteresse de taille importante, faite de bois et de terre « earthwork » en anglais. Le mot peut également désigner une motte ou des fortifications de terre.

Au même titre que les descriptions du bas moyen-âge mélangent les termes castellum et castrum, il est courant de voir un usage interchangeable des mots vígi et virki. Virki pourrait plus précisément désigner un fortification ayant la fonction d’habitat, alors que kastali pourrait correspondre à une structure uniquement défensive, située hors habitat. Il est donc probable qu’un virki corresponde à une domus fortis, une maison forte, et un kastali à un fort ou château-fort. Le terme vigi pourrait correspondre au latin locus fortis, c’est à dire une place forte. Le terme peut rester interchangeable avec celui de virki. jarðborg correspond à un ensemble d’ouvrages en terre comparable à une motte, « motta« , en latin.


 

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Mur latéral

Mur latéral en blocs découpés de tourbe de l’église de Víðimýrarkirkja

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resitution

Restitution du kastali de Reykholt à Borgarfirði

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enchatellement

Carte des sites fortifiés cités dans la Sturlunga Saga, XIIe et XIIIe siècle. DR G. Cattaneo.

 

 

stong

La ferme médiévale reconstituée de Stong, XIIe siècle

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Carta-marina

Une fortification circulaire islandaise, reproduite sur une carte initialement datée de 1539. Carta Marina de Olaus Magnus, 1570.

 

 

 

astali

La motte du kastalli de Svignaskarð à Borgarbyggð

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longue maison viking

Longue maison viking traditionnelle. Remarquez le recours à la terre, au bois et à la pierre pour construire un ensemble imperméable et isolé.

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Borgarvirki

Le site du Borgarvirki, remarquable fort naturel complété par quelques murs.

 

 

 

 


Le développement des fortifications en Islande

Le développement des fortifications en Europe continentale : l’encastellement

Selon la théorie développée par l’historien et archéologue André Debord, l‘encastellement est le témoin de la création de nouveaux centres de pouvoir dans un territoire, sous l’autorité d’un seigneur. Le château, le castrum, apparaît comme le fondement de la société féodale. Son rôle devient fondamental entre le Xe et le XIIIe siècle. Il est associé à la motte, à la fois terrassement défensif destiné à accueillir un ensemble fortifié comme une tour et une palissade, mais aussi symbole de l’aristocratie rurale. Il est ainsi courant, dans le courant du XIIe siècle, de construire une fortification rustique à proximité d’une exploitation agricole qui représente un centre économique vital.

Le développement des fortifications en Islande

En Islande, la multiplication des fortifications est très probablement liée aux périodes troublées de l’époque des Sturlungs, au XIIIe siècle. Ce phénomène débute vers les années 1170, où consolidation du pouvoir et fortification vont de paire. Les historiens islandais ont étudié en détails l’apparition de nouvelles hiérarchies et de la territorialisation du pouvoir du dernier quart du XIIe siècle jusqu’au premier quart du XIIIe siècle. La création de domaines (ríki ou héraðsríkja) aurait été, selon ces historiens, l’aboutissement de cette consolidation du pouvoir. Les centres de pouvoir, liés à la résidence des seigneurs, pouvaient occuper d’anciens sites avec des bénéfices ecclésiastiques, ou être de nouveaux emplacements choisis stratégiquement pour leur qualité économique ou défensive.

Ce développement à la fois économique et hiérarchique des territoires a permis l’émergence de nouveaux lignages (höfðingjaættir), comme les Haukdælir, les Oddaverjar et les Svínfellingar. Il est probable que Sturla se soit inspiré des modèles norvégiens, matérialisant le lien avec l’Europe médiévale. En effet, les potentats islandais connaissaient bien les élites norvégiennes et ont dû s’inspirer de leurs fortifications (exemple du virki de Hvalfirdi), comme dans le cas de Jón Loftsson, père de Snorri Sturluson, qui passa son enfance dans le château Konungahella et dont le fils construira les places de Reykholt ou de Víðimýri. Les trois critères de l’encastellement européen sont parfaitement identifiables dans ces structures : symbolique, défensif et résidentiel.


La description des ensembles fortifiés dans les sources historiques

 

Le vocabulaire spécifique des sagas

Quatre termes sont régulièrement utilisés dans les sources du XIIIe siècle, que l’on désigne sous le nom de « Icelandic Sagas« .

Virki. Le mot virki semble être un équivalent de l’allemand « burg » et dériverait de la racine franque werki, qui désigné le travail de fortification, le terrassement, l’enceinte. Finnur Jonnsson le traduit par « pouvoir« , « rempart« , « fortification« , et l’associe étymologiquement à la notion d’enceinte. Dans le dictionnaire de Gudmundur Andresson de 1683, virki serait le synonyme du latin « castrum, munitio, munitum vallo septum » et de l’anglais « castle« , « fortification« , « battlement/surrounding wall« . Le dictionnaire islandais d’archéologie décrit le virki comme une structure à finalité défensive, en terre (turfwirki) ou en pierre « grjótvirki« , en liaison avec des exploitations agricoles. Leur usage était d’une part défensive et d’autre part symbolique.

Vigi. Ce mot est souvent utilisé comme synonyme de Virki, mais correspond étymologiquement au mot retranchement. Il s’agit d’un terme générique pour désigner une fortification. La traduction latine proposée dans le dictionnaire d’islandais-latin est castellum, à savoir le site défensif.

Kastali. Le mot est conforme à la traduction latine dont il dérive, à savoir le chateau-fort, « burg » en allemand ou « castle » en anglais. Il s’agit d’une fortification principale, de bois, de terre et de pierre. Ce mot désigne également le château de bois d’un bateau.

Jarðborg. Ce mot n’apparaît que très rarement dans les textes, et pourrait correspondre à une forteresse de taille importante, faite de bois et de terre ; il correspond au « earthwork » en anglais. Le mot peut également désigner une motte ou des fortifications de terre.

Au même titre que les descriptions du bas moyen-âge mélange les termes castellum et castrum, il est courant de voir un usage interchangeable des mots vígi et virki. Virki pourrait plus précisément désigner un fortification ayant la fonction d’habitat, alors que kastali pourrait correspondre à une structure uniquement défensive, située hors habitat. Il est donc probable qu’un virki corresponde à une domus fortis, une maison forte, et un kastali à un fort ou château-fort. Le terme vigi pourrait correspondre au latin « locus fortis », c’est à dire une place forte. Le terme peut rester interchangeable avec celui de virki. jarðborg correspond à un ensemble d’ouvrages en terre comparable à une motte, « motta« , en latin.

Les fortifications dans les textes

Durant le XIXe et XXe siècle, plusieurs archéologues ont tenté de mettre en corrélation les description existantes dans les textes anciens et les vestiges encore observables sur le terrain, afin d’identifier plus précisément certains sites.

Dans la saga de Sturlunga, chroniques compilées dans les années 1300 par Þórðr Narfason, il est fait mention de 22 nouvelles fortifications établies entre 1120 et 1245. Les maisons fortes sont au nombre de 9 entre 1170 et 1199 et au nombre de 7 entre 1203 et 1245. Il s’agit de fermes entourées de fortifications (virki um/við bæ), de maisons entourées de fortifications (virki á húsum), de fortifications (virki/vígi) et de petits forts (kastali, pl. kastalar).

Une partie correspond à des maisons fortifiées : Grund, Reykholt, Geirshólmur, Dalavirki, Tunga, Staðarhóll, Hvammur, Saurbæ, Stakkar, Viðímyri, Flugumýri, Langahlíð, Bakki, Auðbrekka, Grenjaðarstaðir et Helgastaðir.

>voir la liste des fermes fortes (virki um/við bæ)

>voir la liste des maisons fortes (virki á húsum)

>voir la liste des forts (kastali, virki, vigi)

La seconde correspond à des fortifications rudimentaires utilisant la topographie et le relief, comme à Múli, Skálholt ou Vígishellir, dans la grotte fortifiée de Surtshellir ou du camp fortifié de Byrgisbúð dans l’Alþing.

Étrangement, si certaines places correspondent parfaitement bien à leurs descriptions, d’autres forteresses sont par exemple décrites comme non fortifiées dans la Sturlunga Saga. Dans certains cas, il a été démontré que l’usage du site en tant que forteresse était antérieur à la période de rédaction de certains textes, expliquant cette dissonance. Il existe également des sites identfiés comme fortifiés et qui ne sont pas cités dans les sagas, comme Hamraendar.

La répartition des fortifications dans les textes

La répartition des fortifications dans les textes permet d’observer deux zones : Est et Sud Est sont vides de fortifications, alors que ces dernières se concentrent dans le Nord, le Sud Ouest et l’Ouest.

Dans la saga des Islandais, dont le style s’apparente plus à de la fiction, il n’existe que peu de changement par rapport aux sagas antérieures. Il est à noter que dans ce texte, comme dans les autres, les fortifications sont quasi absentes de l’Est et du Sud Est.


Les caractéristiques des fortifications islandaises

La pierre, issue de la roche volcanique étant aisément utilisable. Néanmoins, elle n’est généralement que grossièrement équarrie, limitée à quelques murs en appareil irrégulier. Elle est presque tojours associé au bois et à la terre, sous forme del blocs découpés dans de la tourbe, permettant même de concevoir des arcs et voûtes rustiques. L’usage mixte de ces matériaux rend l’étude des fortifications islandaises difficiles, souvent conservées à l’état de traces.

Description de la typologie

Par l’étude des sites encore identifiables, nous confirmons la typologie qui émanait des textes historiques.

Une partie des fortifications utilisent le relief, comme les rift, où des falaises abruptes, comme Biskupstungum, ou l’exceptionnel site de Borgarvirki entouré d’un rempart naturel circulaire haut de 15 mètres.

En plaine ou sur les plateaux, les fortifications rurales (maisons fortes, fermes fortes…) se résument souvent à des formats rustiques et réduits de « ringforts » que l’on connaît en Angleterre et en Irlande. Il s’agit majoritairement de fortifications composées d’enceintes de terre et de pierre, de plans approximativement circulaires, qui devaient être hautes de 3 à 4 mètres, fermées par un portail de bois (virkisdura). Certaines enceintes étaient constituées uniquement d’une palissade, également selon des plans circulaires. Ces observations sont conformes à ce que l’archéologue Valtýr Guðmundsson écrivait au sujet des fortifications islandaises à la fin du XIXe siècle : “The lordly farms were sometimes fortified or surrounded by a fortification”; “Most of them were built out of wood and also in earth and stone”; “One could think of a construction similar to palisades or enclosures that surrounded sometimes individual Norwegian farms« . Dans le cas de forteresses de taille plus étendues, l’entrée pouvait être défendue par une tour porte en bois quadrangulaire. Les enceintes sont généralement très endommagées, et il est presque impossible de mettre en évidence les fossés qui les avaient probablement défendues.

>voir la liste des fortifications à enceinte circulaire ou ovale

Dans de rares cas, pour des structures défensives plus importantes, il existe également des enceintes de plan quadrangulaire, comme dans le cas du kastali de Akrahreppur, dont une partie était empierrée, ou polygonale ; elle pouvait être flanquée par une tour beffroi circulaire, comme à Reykholt.

La distinction entre kastali (châteaux) et virgi (fort, enceinte), n’est pas toujours évidente face aux vestiges immédiatement visibles. Mais les études archéologiques semblent confirmer les distinctions faites dans les textes, en mettant en évidence d’importantes différences dans la nature des sites et dans leurs extensions.

>Voir la liste des kastali (châteaux)

Un exemple intéressant de kastali à motte est celui de Borgarbyggð. Celui de Reykholt a été bien étudié, et les essais de restitution basés sur les résultats de fouilles archéologiques permettent de le comparer à des châteaux de type norvégiens.


 

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Thule

L’Islande aurait été découverte dès l’Antiquité par Pythas et était connue sous le nom d' »île de Thulé ». Mappe ancienne.j

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Magnusgirlovene

Magnus VI le législateur, légiférant sur les codes de Norvège et d’Islande. Manuscrit.

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LandnamabokManuscript

Une page d’un parchemin du Landnáma conservé à l’Institut Árni Magnússon à Reykjavik

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Egil_Skallagrimsson

Le poète et guerrier Egill Skallagrímsson, personnage populaire des Sagas

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Le roi Håkon IV de Norvège. Manuscrit.

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L’âge de la colonisation (874-930)

La colonisation initiale de l’Islande se développe principalement de 874 à 930, issue principalement du Nord de la Grande Bretagne et de la Norvège. Cette période, appelée l’ « âge de la colonisation » ou de l’ « établissement », nous est connu par les manuscrits plus tardifs du « Livre des Islandais » (1130) et celui du « Livre de la Colonisation », qui consignent les noms des quatre cents premiers chefs islandais, l’histoire de leurs familles et les détails concernant les conditions de leur établissement dans ces terres hostiles. Les conditions difficiles que traverse la Norvège, après que le roi Harald Ier eût tenté d’unifier son pays par la force, incitent certaines populations à fuir ce pays et à s‘installer en Islande. Pour contenir cette vague migratrice, le roi impose que tout nouveau colon islandais lui verse un impôt, taxe qui restera en vigueur, même après l’âge de la colonisation. En 930, à la fin de l’âge de la colonisation, la population sur l’île est estimée à 6 000 personnes.


L’État libre islandais (930-1262)

Le développement d’une multitude de colonies en Islande a pour conséquence la multiplication des lois et organisations locales. En 930, la volonté d’unification impulsée par les chefs locaux amène à la création de l’État libre islandais, organisation qui se dote de « l‘Alþing », une chambre parlementaire destinée à réguler et à organiser le pouvoir judiciaire et législatif. Trente-six chefs, représentant chacun une communauté, se réunissent pour la première fois cette même année et commencent à délibérer sur une organisation législative et sociale de l’île.


L’âge des Sagas (930-1030)

La période comprise entre 930 et 1030 est connue sous le nom de « l’âge des Sagas », en référence aux légendes orales qui relatent les événements héroïques de cette période. Les sagas ont été retranscrites pendant les XIIe et XIIIe siècles, véritable ère de prospérité, due notamment aux raids infligés aux côtes européennes. Les premiers missionnaires, arrivés vers 980, sont obligés de rapidement quitter ces terres païennes ; l’île n‘est évangélisée que vers l’an 1000, sous l’impulsion du chef viking Ólafur Tryggvason, devenu roi de Norvège. Ce dernier impose la christianisation sous la menace.


L’âge de la paix (1030-1220)

En 1056, le premier évêque islandais, Ísleifur Gissurarson, est nommé par le roi de Norvège. Ne disposant d’aucun diocèse, il n’a qu’un statut de missionnaire. Durant cette période, le christianisme s’étend en Islande, renforçant la puissance de l’Eglise. À la mort de Ísleifur Gissurarson, son fils Gissur Ísleifsson lui succède, et crée le siège épiscopal de Skálholt. Il y affecte son patrimoine personnel, construit une cathédrale, et renforce l’autonomie de l’évêque et de l’Église. En 1097, il introduit le premier impôt général du pays, sous forme d’une dîme. Cette évangélisation s’accompagne de la diffusion de l’alphabet latin dans un pays qui n’utilisait jusqu’alors que l’alphabet runique. En 1130, Ari Þorgilsson écrit l’Íslendingabók (« le Livre des Islandais« ), qui retrace l’histoire de l’Islande et ses événements les plus significatifs, depuis l’âge de la colonisation jusqu’à la mort de l’évêque Gissur Ísleifsson. Ce livre constitue une source incroyable d’information sur l’histoire primitive de l’Islande.
À partir de la fin du XIIe siècle, la plupart des pouvoirs économiques et politiques est concentrée entre les mains de quelques familles. A la même période, le roi Håkon IV de Norvège essaie d’étendre son influence sur l’Islande ; plusieurs chefs islandais deviennent ses vassaux, dont Snorri Sturluson de la famille Sturlungar, qui sera l’un des hommes les plus puissants de la communauté insulaire.


 

L’âge des Sturlungar : guerre civile et fin de l’État libre islandais (1220-1262)

C’est de cette période que date la majorité des structures fortifiées islandaises. Au service de chefs de clans engagés dans des actes de guerre civile ou cherchant à veiller à la sécurité de leurs biens et personnes, ces fortifications sont principalement de types vernaculaires, d’inspirations vikings (type « ringforts« ), et terre, bois, pierre.

L’âge dit « des Sturlungar » débute en 1220, lorsque Snorri Sturluson regagne l’Islande, après avoir promis au roi Håkon IV de placer l’île sous sa domination. Cette promesse se révélant vaine, ce dernier s’allie avec Sturla Sighvatsson, neveu de Snorri Sturluson, qui devient, dès 1235, son représentant officiel en Islande. Sturla Sighvatsson, par son comportement tyrannique, provoque une guerre civile. En 1238, Sturla est défait et tué à la bataille de Örlygsstaðir par Gissur Þorvaldsson et Kolbeinn Arnórsson, qui prennent alors le pouvoir au nom du roi de Norvège. En septembre 1241, le roi fait assassiner Snorri Sturluson. En 1242, son frère Þórður kakali Sighvatsson rejoint le parti du roi de Norvège ; en 1244, il est vaincu à la bataille navale de Flóabardagi, mais remporte celle de Haugsnes en 1246. La guerre civile fait rage jusqu’à la disparition de l’Etat libre, en 1262. Après la mort de Kolbeinn Arnórsson, Gissur Þorvaldsson et Þórður kakali Sighvatsson s’en remettent au roi pour déterminer qui sera le détenteur officiel du pouvoir royal, pouvoir qui échoit à Þórður kakali Sighvatsson ; ce dernier, en échec face à des insurrections locales, est rappelé par le roi en 1250 et décède en Norvège en 1256. Un autre membre de la famille des Sturlung, Þorgils Bödvarsson, lui succède, à la demande du roi ; le pays, toujours en guerre civile, lui échappe, et il est assassiné en 1258. De tous les chefs islandais dépêchés par le roi sur l’île, seul Gissur Þorvaldsson est encore en vie. Il est nommé comte par décision royale et sera le seul dans l’histoire de l’Islande à porter ce titre. Il arrive, par ses soutiens, à pacifier l’île, qu’il place ainsi sous la domination de la Norvège.


La domination norvégienne (1262-1380)

En 1262, les Islandais reconnaissent le roi de Norvège comme leur souverain légitime : la charte, connue sous le nom de « Vieux Pacte » permet d’officialiser la relation de vassalité au royaume norvégien, qui garantit alors la protection de l’île contre le paiement d’une taxe annuelle perpétuelle. La charte stipule également que chaque été, six bateaux norvégiens devron ravitailler l’Islande en marchandises. Jusqu’à sa mort en 1268, le comte Gissur Þorvaldsson gouverne officiellement l’île ; seulement quelques années après sa disparition, le roi de Norvège abroge la qualité de comté dont bénéficiait depuis peu l’Islande.

En 1263, le roi Håkon IV de Norvège décède et son fils Magnus VI lui succède. Ce dernier, également connu sous le nom de Magnus VI « Lagabøte« , le législateur, dote la Norvège et l’Islande, chacune, d’un code de lois spécifique. En 1271, l’Alþing confirme l’adoption du code qui lui avait été attribué par l’exécutif, mais apporte également plusieurs modifications, comme la suppression de la vendetta. D’autres modifications interviennent par la suite, notamment en 1280 ; le code est alors connu sous le nom de Jónsbók. En 1275, après le siège de Skálholt, le roi édicte un nouveau code de droit canonique, très favorable à l’Église, où pouvoir ecclésiastique et pouvoir séculier sont plus précisément définis.


 

L’union de Kalmar et le début de l’emprise danoise (1380-1550)

Le roi Håkon VI de Norvège épouse la princesse danoise Marguerite, fille du roi Valdemar IV de Danemark. En 1375, à la mort de Valdemar IV, Oluf, fils de Marguerite et Hakon, est couronné roi de Danemark. En 1380, son père Håkon VI meurt à son tour, et le jeune Oluf hérite de la Norvège et de l’Islande. En 1383, lorsqu’Oluf sort de sa minorité, les Islandais lui jurent allégeance. Il meurt deux ans plus tard, et sa mère Marguerite lui succède.

En 1397, Marguerite Ière impulse une union entre les pays nordiques, destinée à contenir l’expansion germanique, connue sous le nom d’Union de Kalmar. La reine gouverne Danemark, Norvège et Islande avec une rare fermeté, jusqu’à sa mort en 1412.

En 1345, la peste noire touche la Norvège, mais n’atteint l’Islande que vers 1402. Entre un tiers et la moitié de la population sont décimés. Cette période est très mal documentée. Il semblerait qu’elle bénéficie à l’Eglise, qui accroît son patrimoine par héritage et donation des victimes de la peste. Une deuxième vague d’épidémie atteint l’île en 1494-1495.

Durant le XVe siècle, l’exportation vers l’Europe des produits de la pêche devient la première activité économique de l’Islande. Peu à peu, les marchands norvégiens sont confrontés à la concurrence de la ligue hanséatique ; ils sont concurrencés, dans les eaux même de l’Islande, par les pécheurs anglais.

En 1536, l’Union de Kalmar s’éteint. L’Islande est alors définitivement intégrée au Royaume du Danemark et de Norvège.


 

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Les fortifications Vikings

Le modèle des Trelleborgs

Les forteresses vikings, également connues sous le nom de Trelleborgs, sont des forts de plan parfaitement circulaire, d’une conception particulière, construits par les Scandinaves durant l’ère Viking. Ce type de fortification peut être partiellement entourée par un rempart avancé, de plan non nécessairement circulaire.

Les Trelleborgs sont construits d’après un plan parfaitement géométrique, et mesuré selon le pied romain. Les fossés adoptent également un profil en V caractéristique, emprunté également aux Romains. Toutes les forteresses sont de conception similaire, « parfaitement circulaires avec des portes ouvrant sur les quatre points cardinaux, et une cour divisée en quatre zones ou se trouvaient de grandes maisons établies selon un motif carré ».

En dépit des recherches, aucun parallèle véritable n’a pu être trouvé en Europe. Il y a cependant sur les côtes des Pays-Bas et en Belgique, des fortifications circulaires présentant certains points de ressemblance. D’autres forts similaires peuvent être trouvées en Angleterre. Ceux-ci sont cependant antérieurs à la conquête romaine de la Grande-Bretagne celtique et étaient déjà abandonnés et ruinés des centaines d’années avant la construction des forts circulaires vikings.

Origine du mot

Ce type de fortification a été nommé d’après le premier exemple découvert, à Trelleborg près de Slagelse. Ce site a été fouillé à la fin des années 1930. Le nom Trelleborg viendrait des mots Thrall (« trael » en danois actuel)qui se traduit par « esclave » en vieux narrois, et Borg signifiant forteresse ou ville. Un Trelleborg serait donc « une forteresse construite par des esclaves ». Une autre éthymologie possible serait liée au mot Trel (pl. Trelle) qui décrit les lattes en bois couvrant les deux côtés des murs circulaires de protection.

Datation des Trelleborgs

En 2014, seules sept forteresses circulaires vikings sont connues : cinq d’entre elles sont situées au Danemark, les autres sont en Scanie dans la partie sud de la Suède moderne. La majorité des forteresses connues datent du règne de Harald Ier de Danemark, mort en 986. Le Trelleborg recouvert par le château de Borgeby a été daté des environs de l’an 1000, il est donc possible qu’il ait été construit par ce même roi.

Les datations par dendrochronologie ont permis d’établir que le bois utilisé pour la construction de Trelleborg, près de Slagelse, a été abattu à l’automne 980, ce qui pourrait placer la construction du fort au printemps 981. Le temps de construction relativement court et l’absence totale de tout signe d’entretien indiquent une utilisation ponctuelle et unique des bâtiments, de cinq à vingt ans. Les autres forteresses circulaires vikings ont été datées à peu près de la même période. Le site de Fyrkat est peut être un peu plus ancien, celui d’Aggersborg, un peu plus récent.

Théories sur la genèse des forts vikings

Autour de 974, le roi danois Harald à la dent bleue a perdu le contrôle du Danevirke et de certaines parties du Jutland du Sud. L’ensemble du complexe de fortifications, de ponts et de routes qui ont été construites autour de 980 est présumé par certains comme étant l’œuvre de Harald, et une partie d’un système défensif plus grand.

Une autre théorie est que les Trelleborgs étaient des camps d’entraînement pour les troupes utilisées par Sven à la barbe fourchue en prévision de son attaque sur l’Angleterre (Sven et ses hommes ont saccagé Londres en 1013).

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