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Maisons Fortes

3 856 views Nicolas Prudhomme 17 décembre 2016 0
Bibliographie

[1] Petit vocabulaire du château du Moyen-Âge, Philippe Durand, éditions confluences, 2009
[2] Châteaux et enceintes de la France médiévale, de la défense à la résidence, Jean Mesqui, éditions Picard, 1993
[3] Aristocratie et pouvoir, le rôle du château dans la France médiévale, A. Debord, Editions Picard, 2000
[4] Noble et forte maison, l’habitat seigneurial dans les campagnes médiévales, A. Sirot, Editions Picard, 2007
[5] Châteaux et maisons fortes en Lorraine centrale, G. Giuliato, 1992

Glossaire

Cartographie des Maisons Fortes


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CONTENU

Essai de définition  de la maison forte

Originellement, la maison forte est une résidence bâtie sur des alleux patrimoniaux, associée à la petite ou moyenne aristocratie, c’est-à-dire à l’opposé des chevaliers châtelains, détenteurs du ban. Elle est le lieu de résidence de la petite aristocratie, et occupe pour cela une grande place dans lahiérarchie de l’habitat.

La maison forte dans les textes

Le terme de maison forte recouvre diverses réalités, allant du petit château doté de tours et agrémentés de décors, jusqu’à la maison construite avec peu de moyens et partagée entre des activités rurales et domestiques. La difficulté résidant dans l’élaboration d’une définition globale, il a été plus simple de la décrire comme une construction résidentielle noble, n’étant « ni château, ni simple maison », selon J.M. Pesez. Dans les textes historiques, il n’est pas toujours simple de mettre en évidence le statut de la maison forte, décrite par les termes domus, fortis domus, fortalicium, turris fortis, domicilium forte, mais aussi parfois par motta, chastel, castrum ou bastida ou, à l’opposé, de manerieum, repayrium ou hostel

Les termes ont pu par ailleurs évoluer au cours du temps, témoin de l’évolution du bâtiment au cours de plusieurs siècles. Pour J.M. Pesez, la maison forte bourguignonne est un centre de seigneurie domestique géré par des milites ; pour G. Duby, elle est « un centre d’exploitation agricole pleine de valets et de bestiaux ».

Reprenons l’exemple de la Bourgogne : la maison forte devait être un bâtiment suffisant vaste et fortifié pour que l’on puisse y accueillir les populations environnantes en cas de danger [4]. Elle n’était désignée sous le vocable de maison forte qu’à la condition qu’elle possède au moins une tour forte, avec porte haute et baies de créneaux, soit une plateforme fossoyée fortifiée au moins par un ouvrage d’entrée et par quelques tourelles ; en sont exclues les maisons entourées seulement d’un fossé de 10 à 15 mètres de large, même en eau, d’un simple mur de clôture aveugle ou percé d’une simple archère, d’une tourelle d’angle ou d’escalier éventuellement percée de meurtrières, ou d’un pigeonnier à canonnières.

De simples maisons nobles, centres d’exploitation agricole, ont été par ailleurs peu à peu élevées au rang de maisons fortes, après l’ajout de quelques éléments de fortification, permettant de répondre aux exigences locales [5].


La typologie des maisons fortes

La maison forte, par son rôle d’encadrement de l’espace rural et de développement de nouveaux espaces par défrichements ou colonisation de nouvelles terres, est à l’origine d’une dispersion de l’habitat, à l’opposé du mouvement de concentration castral initié deux siècles auparavant autour des châteaux.

Les maisons fortes rurales

L’implantation rurale est la plus répandue. Dans ce cas, la maison forte occupe le centre d’un domaine agricole rural regroupant l’ensemble des fonctions nécessaires à la subsistance des ses habitants. Le choix de l’implantation est majoritairement dicté par la volonté de contrôler et favoriser le développement agricole et économique, bien avant toute prétention stratégique. Elle se tient en retrait des habitations déjà existantes et peut occuper une position dominante, légèrement surélevée, pour rappeler le statut de ses détenteurs. Elle est ainsi centre économique de production agricole et répond à la mode du XIVe et XVe siècle du retour à la terre par les aristocraties, renouant avec une vie champêtre idéalisée. L’isolement de la maison forte permet de se distinguer du reste de la population et sert de cadre à la célébration du prestige de son propriétaire.

Les maisons fortes de hameaux

Certaines maisons fortes, à l’origine de défrichement ou dans les zones d’habitat dispersé, ont joué un rôle attractif, notamment en raison de la présence d’une chapelle ; elles ont alors mené au développement de petits hameaux, du reste très limités, autour d’elles.

Les maisons fortes de bourgs et villes

Placée en bordure de bourg, la maison forte fait souvent partie intégrante de la défense d’un château ou d’une enceinte urbaine. Dans le Midi, les milites, qui participent à l’exercice du pouvoir comtal ou épiscopal, résident en ville et possèdent des tours tenues en fief.

Les maisons fortes à fonction stratégique

Plus rarement, des maisons fortes sont construites sur des positions stratégiques et ne sont restreintes qu’à un rôle défensif, dépourvues de la gestion et d’organisation de domaines agricoles.



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Plans des maisons fortes

Il n’existe pas de maisons fortes idéales, les formes étant très diversifiées ; on ne peut se restreindre à l’image d’une maison forte équipée de fortification, au centre d’un domaine, entourée de fossés en eau, muni d’un colombier d’un four, d’un moulin et d’une chapelle. Les constructions sont inspirées du monde castral, avec une séparation évidente de pièces chauffées autour d’une grande salle, d’une cuisine, de chambres pour chaque habitant. Les caractères défensifs sont avant tout ostentatoires et peu fonctionnels, et marquent l’appartenance à une élite.

La maison forte reprend, dans sa conception, les éléments symboliques que sont la tour et la salle. La tour est symbole de l’appartenance aristocratique ; haute de 20 à 25 mètres, elle remplit à la fois la fonction d’habitation et de défense. L’exercice de la justice imposant la présence d’une aula dans la construction, la majorité des maisons fortes ont dû en être dotées. A côté de la tour peut donc se dresser un bâtiment complémentaire jouant ce rôle. Lorsque l’aula est comprise dans la tour, on parle plutôt de tour-salle, particulièrement bien représentée dans les années 1250-1350. Il est à noter que les fonctions des aula et camera ont pu être aussi bien différenciées que étroitement mélangées.

Au XVe siècle, lorsque sont construits des corps de logis plus allongés et moins élevés, la fonction ostentatoire est reprise par la tourelle d’escalier, qui garde le nom de « donjon » ou de « sentinelle ». Les corps de logis sont alors souvent en L ou en U, autour d’une cour centrale. La tour contrôle la dimension verticale ; elle est placée à un angle dans l’œuvre ou hors d’œuvre et abrite l’escalier. Les ouvertures de tirs sont souvent rares, situées près de la porte d’entrée ou sur les éléments de l’enceinte.

La cour est fermée par une enceinte, parfois flanquée à ses angles par des tourelles, percées d’ouverture de tir. L’accès se fait par une porte ou une tour porte, souvent en tiers point à compter du début du XIVe siècle, équipée d’ouvertures de tir, parfois surmontée d’une bretèche ou équipée d’un pont-levis, fermée de vantaux de bois renforcés de barre de fer ou de clous, qui porte une dimension toute symbolique.


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