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Tour Maîtresse : Etude Détaillée

3 252 views Nicolas Prudhomme 10 novembre 2012 0
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Cartographie des Tours Maîtresses


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CON

La tour maîtresse, « grosse tour », dite donjon

Depuis le XIXe siècle, le mot « donjon » désigne de façon exclusive la tour maîtresse du château, ou d’une enceinte urbaine. Dans l’emploi médiéval, le dunjo, « dongon » au latin « dominium » désigne le groupe de bâtiment réservé du château où s’exerce le pouvoir seigneurial. Dans les textes, un tel édifice est appelé « turris », « magna turris », la Tour ou la Grosse Tour en français. La notion de turris, tour maîtresse, n’est guère antérieure au XIe siècle. Elle incarne la souveraineté du seigneur châtelain, mais n’en est pas le symbole unique, la motte ou l’enceinte en étant une autre expression, éventuellement simultanée.

L’apparition de la tour maîtresse n’est cependant qu’une simple évolution dans les modes de fortification et non dans les structures sociales ; en effet, l’étude archéologie de certains sites du Xe siècle a montré la transformation d’un bâtiment résidentiel palatial ou d’une aula en tour maîtresse par la surélévation et l’emmottement, montrant ainsi la continuité d’un concept déjà établi, la fortification renforcée ne répondant qu’à des exigences plus fortes de sécurité.


Une fonction de résidence ou de défense ?

La question de la fonction est bien sûre immédiate. Au XIXe siècle, le concept de la tour maîtresse comme ultime refuge, comme dernier réduit défensif de la place assiégée, s’est fortement diffusé. Cependant, les fonctions de la tour maîtresse s’avèrent plus complexes et plus nuancées, à étudier au cas par cas.

Trois fonctionnalités essentielles caractérisent la tour maîtresse :

      La tour résidence : la tour possède un caractère militaire, mais surtout assure la fonction de résidence permanente, avec des marques ostentatoires spectaculaires. Sa fonction marque l’organisation interne de l’espace de façon pérenne. Ce groupe est bien représenté par les grandes tours maîtresses romanes à structuration horizontale ou verticale, contenant salles et chambres (appelées parfois donjons-palais) ou par les tours de la période 1360-1450, faisant suite à la construction du château de Vincennes.

         La tour beffroi : la tour possède une fonction purement ostentatoire et symbolique du pouvoir féodal, sous forme de guette. Haute et étroite, dénuée de tout équipement résidentiel (cheminées, latrines), elle est avant tout une affirmation du pouvoir féodal. On la retrouve désignée sous le nom de Bergfried dans l’archéologie allemande, que J. Mesqui [2] propose de traduire sous son terme équivalent de « beffroi ».

         La tour mixte : la tour a une fonction intermédiaire entre le pur symbole et la résidence. Ce modèle est bien représenté par les tours maîtresses philippiennes.

La fonction de la tour peut évoluer dans le temps, car son programme est étroitement lié à la volonté à un instant donné du maître d’ouvrage. Dans bien des cas, la superposition et l’adaptation des structures sur un même site témoignera de la versatilité de la fonction de la tour maîtresse.

CON

Le catalogue des formes

La forme rectangulaire

Il s’agit de la forme la plus évidente, qui s’impose assez nettement, du Xe au XVe siècle, comprenant des tours beffrois, des tours résidences, comme des tours mixtes. Au cours du XIIe siècle, de nombreuses tours rectangulaires à contreforts sont érigées.

Les formes centrées

Après les formes rectangulaires, les formes les plus courantes sont les polygones, les cercles, et les ellipses. Ces formes favorisent l’absence d’angle mort et augmente la capacité de défense de la construction, mais sont plus difficile à aménager dans une logique résidentielle. Ces formes sont très représentées lorsqu’elles sont établies sur des mottes, elles-mêmes généralement circulaires.

La forme circulaire. Elle est attestée dès 1100 à Freteval. L’envolée de cette forme est consécutive au développement du modèle de la tour mixte philipienne. Souvent le manque d’habitabilité est corrigée par les architectes par une modification du plan intérieur, de forme polygonale. Ce plan est principalement représenté dans les régions d’influence royale, en tant que tours beffrois et tours mixtes. Le développement des tours résidences n’impliquera pas pour autant la disparition de cette forme.

>Voir la liste des tours maîtresse de plan circulaire

La forme elliptique. Ce genre de plan, bien qu’existant, est plutôt très rare. Il s’agit, dans l’inspiration, de rectangles aux angles et aux courtines arrondies, plus que d‘une ellipse.

>Voir la liste des tours maîtresses de plan elliptique

La forme polygonale. Ces tours polygonales sont souvent intérieurement circulaires. Elles restent assez peu représentées, mais voient leur nombre augmenter à compter de la fin du  XIIIe siècle.  Dans le milieu du XIVe siècle, elles deviennent même courantes.

>Voir la liste des tours maîtresses de plan polygonal

Les formes non centrées

Les plans triangulaires. La forme reste assez marginale, car peu efficiente sur un plan défensif et résidentiel.

>Voir la liste des tours maîtresses de plan triangulaire

Les plans en amande. Ce plan est plus courant dans les tours de flanquement.

>Voir la liste des tours maîtresses de plan en amande

Les plans en U

>Voir la liste des tours maîtresses de plan en U

Les formes à éperon

Techniquement, l’éperon a plus une fonction ostentatoire que défensive.

>Voir la liste des tours maîtresses présentant un éperon

Les plans polygonaux à éperon. Il s’agit de tours rectangulaires dont la face tournée vers l’attaque est munie d’un éperon. Il s’agit donc d’un carré à bec plutôt que d’un pentagone. Ce type de plan est très représenté dans les tours beffrois alsaciennes du XIIIe et XIVe siècle. Au début du XIIIe siècle, ce type de plan existe aussi dans le Sud Ouest. Des formes autres que pentagonales peuvent exister.

>Voir la liste des tours maîtresses de plan polygonal à éperon

Les plans circulaires à éperon. Le premier exemple apparaît en 1180 avec la tour maîtresse de la Roche-Guyon.

>Voir la liste des tours maîtresses de plan circulaire à éperon

Les plans circulaires à tourelle d’escalier à bec.

Les formes complexes

Il peut s’agir de formes tréflées, multiplement flanquées, transformées du rectangulaire au circulaire ou l’inverse… Cette catégorie rassemble tous les ouvrages non classiques, propres au génie créatif du maître d’ouvrage.

>Voir la liste des tours maîtresses en plan trefflé

Les tours à base pleine

>Voir la liste des tours à base pleine

 


Les tours à contreforts

Le contrefort fait son apparition dans les tours du XIe et XIIe siècle ; leur épaisseur est insuffisante par rapport à leur hauteur pour leur donner une réelle utilité. Leur présence systématique a donné naissance au canon de la tour romane quadrangulaire. Leur rôle peut être ostentatoire, raidisseur, ou défensif en portant dans leur partie sommitale des mâchicoulis sur arcs ou des échauguettes. Ils peuvent également contenir des conduits, comme ceux des latrines.

Les différents types de contreforts

Le contreforts plats. Diverses formes coexistent, sans être pour autant préférentiellement marquée régionalement. Ils peuvent être placé sur les différentes faces de la tour, à plat, ou en diagonal.

Le contreforts cylindriques. Ils peuvent accompagner des tourelles d’angle ; certains sont pleins.

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